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"Un moment historique" : L'Europe jette les bases d'une Union de la défense

Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de 23 Etats membres de l'UE (dont la Belgique) ont signé un accord à Bruxelles qui devrait poser les jalons de la création d'une Union de la Défense. Elle prévoit le développement de matériel militaire et la création du quartier général opérationnel, entre autres. Federica Mogherini, la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a évoqué « un moment historique pour la défense européenne».

Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de 23 Etats membres de l'UE (dont la Belgique) ont signé un accord à Bruxelles qui devrait poser les jalons de la création d'une Union de la Défense. Elle prévoit le développement de matériel militaire et la création du quartier général opérationnel, entre autres. Federica Mogherini, la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a évoqué « un moment historique pour la défense européenne».


Pour le moment, ce projet prend la forme d’une « coopération structurée permanente » en matière de défense (CSP ou PESCO, en anglais). Elle consiste en une liste de vingt engagements formant les contours de cette coopération.

Une cinquantaine de projets de développement de matériel militaire (char, drones, avion de transport militaire…) ont déjà été déposés. Les Etats membres se sont engagés à consacrer 2 % de leur budget de défense à des investissements de recherche dans ce but. De plus, un fonds européen de défense devrait être créé et abondé de 5 milliards d’euros au début de l’année prochaine pour financer des projets transnationaux.

Le Danemark, l’Irlande, le Portugal, Malte, et bien sûr, le Royaume-Uni, n’ont pas souhaité se joindre à ce projet.

Un contexte favorable


Même s’il ne s’agit que d’un début, il est d’autant plus prometteur que l’Union avait déjà échoué à créer une Communauté Européenne de Défense en 1952. Mais cette fois-ci, les circonstances sont différentes : l’annexion de la Crimée par la Russie, les attentats terroristes, et le relatif désengagement des États-Unis dans l’OTAN sont autant de facteurs qui ont convaincu de la nécessité d’avancer sur ce sujet. Le Brexit a également agi comme un catalyseur : les Britanniques se sont toujours opposés à une Union de la défense.

Cette idée avait d’ailleurs été évoquée par la chancelière allemande Angela Merkel qui avait souligné la nécessité, pour l’Europe, de prendre sa propre défense en charge, lors d’un discours donné en mai de l’année dernière :
« L’ère pendant laquelle nous pouvions nous en remettre à d’autres est révolue, d’une certaine manière. (…) Nous autres, Européens, nous devrons vraiment prendre nous-mêmes notre destin en main».