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Rapport : Si les Russes attaquaient, nous serions relativement impuissants

Nous sommes vulnérables à une attaque de la Russie, affirme un rapport du Conseil Consultatif néerlandais sur les Questions Internationales (AIV), un organisme qui conseille le gouvernement néerlandais en matière de politique étrangère. Cela est particulièrement vrai pour les Etats baltes de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.

Nous sommes vulnérables à une attaque de la Russie, affirme un rapport du Conseil Consultatif néerlandais sur les Questions Internationales (AIV), un organisme qui conseille le gouvernement néerlandais en matière de politique étrangère. Cela est particulièrement vrai pour les Etats baltes de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.


Les chercheurs ont cité plusieurs études indiquant à quel point les pays baltes sont vulnérables et combien il serait difficile pour l'OTAN de les protéger.

Le passage de Suwalki


Dans l'un des scénarios, la Russie s'emparerait du passage de Suwalki. Il s'agit d'une bande de terre d'environ 100 km située au nord-est de la Pologne, à sa frontière avec la Lituanie, située au carrefour entre l'enclave russe de Kaliningrad et la Biélorussie. Elle permet de relier les pays baltes aux autres pays de l'OTAN. Si la Russie envahissait ce passage, il serait impossible pour l'OTAN de faire venir des renforts.

Le rapport met en garde contre les systèmes de missiles russes basés à Kaliningrad, qui sont un atout majeur, et qui empêcheraient l'OTAN d'aider les pays baltes, que ce soit par voie maritime ou aérienne.

Le conseil conclut que l'OTAN dépend beaucoup trop des États-Unis et que l'unité des pays qui composent l'Alliance s'est fragilisée. En particulier, le gouvernement Trump suscite des inquiétudes. Depuis l'arrivée du magnat immobilier au pouvoir aux États-Unis, on constate « un manque de leadership » de la part des Américains. De même, l’AIV pointe les relations difficiles de l'OTAN avec la Turquie, qui est membre de l'organisation. Cette dernière a préféré commander son nouveau système de missiles à la Russie.

« On peut douter de plus en plus de la capacité de l'OTAN à agir de façon responsable et unanime quand le cas se présentera. Il y a de plus en plus de sujets de division interne », déclare Joris Vorhoeve, président de l'AIV. Selon son organisme, l'OTAN n'a jamais été aussi vulnérable depuis la guerre froide.

60 heures


Selon l'AIV, les pays de l'OTAN devraient tripler leurs efforts dans les pays frontaliers avec la Russie, parce que le président Poutine pourrait s'emparer de Tallinn ou Riga en 60 heures.

Il estime également que déplacer des troupes dans différents pays est trop compliqué. En effet, il faut obtenir une autorisation pour traverser les frontières de chaque pays de l'OTAN concerné. Il recommande donc de créer une sorte d'espace Schengen militaire qui permettrait d'abolir ces formalités.

Le conseil estime que la Russie pourrait utiliser un exercice comme elle en a mené un récemment en Biélorussie pour préparer une attaque surprise. L'OTAN aurait à peine le temps de réagir si des troupes russes franchissaient la frontière.

Cela pourrait être particulièrement le cas si les pays de l'OTAN étaient distraits par une autre crise, en réponse à une action des États-Unis dans une autre partie du monde, ou même en Russie. La Russie dispose d'un prétexte : la machine de propagande russe affirmera que les minorités russes dans les pays baltes ont besoin de protection.

Cyber-guerre


Selon l'AIV, l'OTAN n'est toujours pas capable de répondre de façon appropriée aux cyberattaques, au renouvellement nucléaire de la Russie, et à la menace posée par les tensions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.