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Au Royaume-Uni, Uber a perdu : ses chauffeurs sont des salariés, et non des indépendants

Le tribunal de Londres a jugé qu'Uber, la société qui met en relation ses utilisateurs avec des chauffeurs de voitures de tourisme, devait salarier ces derniers, et non les considérer comme des travailleurs indépendants rémunérés à la course.


Les poursuites avaient débuté en 2014, lorsque 2 chauffeurs, James Farrar et Yaseen Aslam, avaient porté plainte, avec le soutien du syndicat des travailleurs indépendants de Grande-Bretagne (IWGB). Un juge avait statué en octobre 2016 que les chauffeurs d'Uber étaient des employés de l’entreprise et qu’ils devaient de ce fait être rétribués au salaire minimum (de 7,5 livres par heure au Royaume-Uni, soit environ 8,5 euros), mais aussi bénéficier de congés payés et de pauses rémunérées.

La firme avait fait appel de cette décision, en affirmant que 80 % de ses chauffeurs voulaient être indépendants. Elle vient de perdre son procès. La décision devrait donc s’imposer à l’ensemble des 50 000 conducteurs qui travaillent pour elle au Royaume-Uni.

Londres


« Au cours de l’année dernière, nous avons introduit un certain nombre de changements dans notre application pour donner encore plus de contrôle aux chauffeurs. Nous avons aussi investi dans des choses comme l’accès à la couverture maladie et accident et nous continuerons à introduire des changements pour améliorer encore davantage la conduite pour Uber », a affirmé Tom Elvidge, le directeur de la firme au Royaume-Uni. Selon lui, les chauffeurs qui effectuent des courses pour Uber ont été rémunérés en moyenne 15 livres (environ 17 €) par heure, tous frais déduits, en 2016.

Il a indiqué que la firme avait l’intention de déposer un nouveau recours.

Uber n’en a décidément pas fini au Royaume-Uni. L’autorité des transports de Londres (TSL) a en effet décidé de suspendre sa licence au mois de septembre. La firme, qui fait appel à 40 000 chauffeurs dans la capitale britannique, a fait appel de cette décision.