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L'alliance "portugaise" entre le PTB, Ecolo et le PS verra-t-elle le jour ?

Certains dirigeants du PTB semblent avoir changé d'avis. Après avoir repoussé l'idée d'une alliance avec le PS et Ecolo en vue des élections communales en 2018, puis des élections fédérales, régionales et européennes en 2019, le parti d'extrême-gauche n'y serait plus totalement  opposé. Mais est-ce cette alliance est-elle réellement plausible?

Est-ce que les sondages de ces dernières semaines, favorables au PTB, lui feraient tourner la tête? En juin dernier, le Parti du Travail de Belgique estimait ne pas être prêt pour s'embarquer dans une majorité. Au vu des résultats, on se pose de plus en plus de questions en interne.

Pour s'allier au PS et à Ecolo pour former une grande coalition de gauche, Raoul Hedebouw et ses troupes devront mettre de l'eau dans leur vin. Une récente interview de Peter Mertens, le président du PTB au niveau national, en prenait la direction. Pour l'heure, une coalition PTB-PS-Ecolo récolterait par exemple une majorité en Wallonie. De quoi élargir les perspectives.

Tergiversations

Le tout est de savoir si chacun des partis se sent prêt pour une telle coalition? La réponse n'est pas favorable. Mais il reste du temps. Le premier horizon, ce sont les élections communales d'octobre 2018. Et là, le PTB peut avoir ses chances, de Liège à Anvers, où Peter Mertens veut "éjecter le roi De Wever de son trône".


En  mai 2019, la tâche s'annonce plus difficile. Ce sont les élections fédérales, régionales et européennes. Le rejet du PTB des traités européens ne facilite pas les choses. Ecolo et le PS s'inscrivent dans le cadre européen. Quand ils veulent réformer la politique européenne de l'intérieur, le PTB entend plutôt tout renverser, pour éventuellement reconstruire un projet neuf. Peter Mertens l'a répété: il veut une coalition contre "l'hégémonie néolibérale" afin d'imposer un autre modèle de société.

Mais tout le monde ne partage pas l'enthousiasme du président du PTB. À commencer par Raoul Hedebouw, le porte-parole francophone du PTB et député fédéral qui a été interrogé à ce sujet par Le Soir: "À l’heure actuelle, vu les positionnements d’Ecolo et du PS, et les politiques menées depuis 25 ans, je ne vois pas comment une telle coalition serait possible. Je suis clair. Mais les lignes peuvent bouger." Traduire: je mets la pression sur les autres pour qu'ils se positionnent. Le jeu reste ouvert.

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