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L’autre catastrophe du Moyen-Orient : le nettoyage d'Alep prendra 6 ans

La reconstruction des villes détruites par les guerres en Irak et en Syrie prendra de nombreuses années. De plus, elle nécessitera des ressources financières colossales. C’est ce qui ressort d'un rapport de la Banque mondiale.


Il indique que rien que l'enlèvement des gravats dans une ville comme Alep prendra au moins six ans. Selon les experts, les ruines causées par les bombardements et d’autres attaques constituent le principal obstacle à une éventuelle reconstruction de la région. Le rapport estime qu’il faudra plusieurs décennies pour accomplir ce travail titanesque.

« Le nettoyage devra être abordé avec beaucoup d'attention », avertissent les experts. « Les gravats peuvent contenir des bombes non encore explosées. En outre, les gens pourront être confrontés à la présence de métaux lourds et d'autres types de déchets toxiques. Ces matériaux devront être traités avec la plus grande prudence ».

Ils citent également le problème des énormes volumes de déchets qui doivent être évacués. Rien que pour Mossoul, le budget correspondant est évalué à environ 250 millions $ pour envoyer des camions de gravats vers une décharge située à une dizaine de kilomètres.

L'improvisation


L’improvisation est souvent de mise pour résoudre les difficultés. « Entre autres, on a parfois choisi de déposer des déchets dans les cours d'eau », témoigne un expert. « En conséquence, le débit de la rivière s’en trouve affecté, ce qui augmente le risque d'inondation lors de la saison des pluies. »

« Ailleurs,  on a choisi de refermer les tunnels que les djihadistes avaient creusés sous la ville avec des gravats. Mais les matières polluées et toxiques demeureront d’être une menace constante pour la santé publique pendant toute la décennie. »

Abdul Sattar al-Habbo, maire de Mossoul, explique qu'il y a bien trop de gravats, alors que la ville ne dispose même pas d'argent pour acheter une pelle

 

AFP PHOTO / GEORGE OURFALIAN


Certains suggèrent d’utiliser ces débris comme produits recyclés et de s’en servir pour édifier de nouvelles constructions. Cela permettrait d’annuler les frais de transport des gravats, et permettrait également créer des milliers d'emplois.
« Ceci, cependant, n’apporterait une solution qu’à une toute petite fraction de l’ensemble des problèmes environnementaux créés par la guerre et la violence », souligne le rapport.
Les puits de pétrole ont été bombardés ou incendiés, ce qui signifie que toute la zone est recouverte d’une couche de suie. Une usine de soufre au sud de Mossoul, qui a été brûlée par les djihadistes, libère autant de dioxyde de soufre dans l'atmosphère que l'éruption d'un petit volcan.

Les experts soulignent qu’en Syrie, une cinquantaine de raffineries artisanales en plein air dégagent également une pollution énorme. La destruction d’hôpitaux, d’usines d'armement, de sites industriels et de centrales électriques a également créé un cocktail toxique de produits chimiques, de métaux lourds et d’autres déchets.