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"Le business-model de Norwegian la vulnérabilise à toute turbulence"

Le business model de la compagnie aérienne Norwegian Air Shuttle diffère de celui de ses concurrentes low-cost telles que Ryanair. Mais il la rend très vulnérable en cas de grande turbulence sur le marché, affirme le Wall Street Journal.


Le journal rappelle que le CEO de Ryanair, Michael O'Leary, a même prédit que Norwegian aurait déposé le bilan dans 4 à 5 mois. En cause : le large recours au crédit pour financer la flotte de la compagnie, qui l’a lourdement endettée. La principale intéressée a réfuté ces allégations, expliquant qu’O’Leary les avaient probablement proférées par dépit, car elle a débauché un grand nombre d’employés de Ryanair.

« Mais il est exact que la forte croissance de l’entreprise, largement financée à crédit, peut soulever des questions. Norwegian avait ainsi stupéfié le monde de l'aviation enn 2012, lorsqu’elle avait passé commande pour pas moins de 372 appareils. Et depuis, elle a constamment utilisé ses bénéfices à titre d’acompte pour commander de nouveaux avions, et satisfaire ainsi les besoins nés de sa croissance agressive.

Comme sa consœur irlandaise, elle a été confrontée à une pénurie de pilotes. Mais plutôt que de supprimer des vols, Norwegian a choisi une solution bien plus coûteuse : la sous-traitance. Elle a ainsi loué des appareils avec leur équipage. En conséquence, elle a perdu un quart de son cash-flow.

Une trésorerie saine


Néanmoins, Norwegian dispose d’une trésorerie saine, qui représente le double de l’année dernière. En outre, elle a toujours la possibilité d’emprunter, et même de revendre des avions pour se financer. Mais la question est de savoir si elle pourrait supporter un coup dur tel qu’une crise économique, ou une flambée des cours du pétrole.

Les bilans sains de compagnies low-cost telles que Ryanair ou Southwest Airlines leur ont permis de perturber le marché, tout en s’adaptant aux crises économiques. Elles demeurent en effet capables de proposer des tarifs agressifs lorsque le budget des consommateurs se réduit.

Il n’en va pas de même pour Norwegian, dont les marges sont minces, et le bilan lourdement grevé par l’endettement. Il n’y a plus qu’à souhaiter que le lancement de ses vols transatlantiques se solde par un succès…