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Trump est-il un "narcissique malfaisant" comme l'affirment des psychiatres ?

La nouvelle saillie polémique de Donald Trump aux Nations Unis, « Rocket Man est en mission suicide pour lui-même et son régime », ne manquera sans doute pas de relancer la thèse de l’instabilité mentale du président américain. Depuis son élection, de nombreuses personnalités ont évoqué un possible déséquilibre mental du président. Parmi elles, on compte des membres du Congrès américain, mais aussi de nombreux psychiatres.

La nouvelle saillie polémique de Donald Trump aux Nations Unis, « Rocket Man est en mission suicide pour lui-même et son régime », ne manquera sans doute pas de relancer la thèse de l’instabilité mentale du président américain. Depuis son élection, de nombreuses personnalités ont évoqué un possible déséquilibre mental du président. Parmi elles, on compte des membres du Congrès américain, mais aussi de nombreux psychiatres.


En septembre 2016, une étude réalisée par des scientifiques de l’Université d’Oxford qui s’était penchée sur les traits psychopathiques de certains dirigeants, avait conclu que Donald Trump présentait plus de traits psychopathiques qu’Adolf Hitler, ce qui le classait juste derrière Idi Amin Dada, Saddam Hussein et Henri VIII. (Selon la même étude, Hillary Clinton se classait entre Napoléon et Néron).

Les chercheurs avaient souligné que leur étude ne permettait en aucun cas de déterminer si les sujets étaient psychopathes, mais seulement de déterminer le degré de présence de certains traits psychopathiques dans leur personnalité.

Un "narcissique malfaisant" ?


Depuis l’accession de Trump au pouvoir, le débat s’est intensifié. En avril, un colloque organisé à l’Université de Yale, dans le Connecticut, rassemblant des experts du monde entier pour examiner cette question, a abouti à diagnostiquer un «narcissisme malfaisant ». Il s’agit d’un syndrome qui se caractérise par un cocktail de narcissisme, de paranoïa, d’asociabilité, d’agressivité et de sadisme. « Souvent mégalomane et toujours prêt à élever les niveaux d'hostilité, le narcissique malfaisant sape les organisations dans lesquelles il est impliqué, et déshumanise les personnes avec lesquelles il s'associe », peut-on lire dans Wikipédia.

Un collectif de médecins présidé par le psychiatre John Gartner, a même lancé une pétition réclamant un examen médical de Donald Trump. Leur objectif est d’invoquer le 25e amendement de la Constitution américaine, qui prévoit le remplacement du président par son vice-président s’il se trouve « incapable de remplir les devoirs de sa fonction ». Cependant, cette procédure requière que le président lui-même admette cette incapacité dans un document écrit. Il semble peu probable à l’heure actuelle que Trump accepte de remplir cette condition.

Néanmoins, un groupe de 28 démocrates a déposé une proposition de loi pour créer un groupe de médecins comprenant au moins 4 psychiatres, pour examiner le 45e président des Etats-Unis. Le mois dernier, Zoe Lofgren, une démocrate californienne élue à la Chambre des représentants, a elle aussi introduit une demande d’examen médical et psychiatrique du président.

La «règle Goldwater»


La question qui divise les médecins est celle du consentement de l'intéressé à subir un examen psychiatrique. La règle dite «Goldwater», qui tient son nom d’un candidat à l’élection présidentielle qui avait été jugé «psychologiquement inapte» à gouverner, en se fondant sur un sondage auquel avaient participé 1189 psychanalystes, interdit de donner un avis sur l’équilibre psychologique d’une figure publique sans son consentement et sans l’avoir examinée.

Mais cette règle est de plus en plus contestée, et au mois de juillet, l’American Psychoanalytic Association a adressé un email à ses 3500 adhérents pour les inviter à exprimer librement leur opinion sur la santé mentale des politiciens.

Les détracteurs


L’hypothèse de l’instabilité mentale du président ne fait pas l’unanimité, et l’expert en psychiatrie Allen Frances n’y souscrit guère : « C’est moi qui ai rédigé les critères qui définissent ce trouble, et M. Trump n’y correspond pas. C’est peut-être un narcissique de catégorie mondiale, mais cela n’en fait pas un malade mental pour autant, parce qu’il n’éprouve ni les souffrances ni les handicaps dont la manifestation est nécessaire pour poser un tel diagnostic », a-t-il dit.

Deux autres psychiatres, Peter Kramer, professeur à la Brown Medical School de Rhode Island, et de Sally Satel, soulignent que les déséquilibres mentaux n’entraînent pas forcément une incapacité à tenir fonction de président. Ils rappellent qu’Abraham Lincoln, reconnu pour avoir été l’un des meilleurs présidents des Etats-Unis, souffrait de dépression. Il faudrait donc établir que l’hypothétique déséquilibre mental a des conséquences préjudiciables sur la fonction présidentielle.