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La Norvège lutte contre son addiction au pétrole

La Norvège veut réduire sa dépendance à l’égard de la production pétrolière qui a pourtant largement contribué à faire de ce pays l’un des plus riches du monde. Cette nation de 5,3 millions d’habitants veut en effet assurer sa reconversion économique, aussi bien pour des raisons économiques, climatiques qu’écologiques.


Le pétrole représente 12 % du PIB de la Norvège, et 36 % de ses exportations. Il lui a permis d’accumuler 1000 milliards de dollars, investis dans le plus grand fond souverain du monde. Mais au cours des dernières années, 50 000 emplois ont été supprimés dans le pays en raison de la baisse des cours du pétrole. Les Norvégiens sentent bien que le vent tourne, et qu’il leur faut envisager de se reconvertir.

A l’approche des élections, de plus en plus de voix s’élèvent dans le pays pour mettre fin à l’exploitation de l'or noir, et se tourner vers d’autres industries. Les écologistes, en particulier, veulent faire cesser la prospection pétrolière, y faisant une condition de leur participation éventuelle à une coalition pour gouverner le pays. Ils souhaitent aussi que la Norvège stoppe progressivement ses activités pétrolières dans les quinze prochaines années.

L'accord sur le climat de Paris a aussi renforcé le sentiment qu’il était nécessaire de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et de renoncer aux activités pétrolières, qui seront bientôt dépassées par les énergies renouvelables.

Quelle alternative ?


Mais vers quelles nouvelles vaches à lait le pays pourrait-il se tourner ? Certains ont évoqué la pêche et l’énergie verte, mais ces activités sont loin de receler le potentiel qu’il leur faudrait pour constituer de véritables pistes de substitution.

Les deux plus grands partis du pays, les conservateurs et les socialistes, ont tous deux rejeté l’ultimatum des Verts, observant qu’il ne sera pas si simple de trouver une alternative aussi lucrative au pétrole. Ils sont soutenus par la majorité de la population : un sondage réalisé en août a montré que 70 % des Norvégiens pensent qu’il est important de maintenir l’activité pétrolière du pays. Les opposants à cette idée ne représentaient que 16 %.

La Première ministre conservatrice Erna Solberg n’a cessé de marteler qu’il fallait opérer la reconversion du pays… Mais son gouvernement affirme que l’industrie pétrolière demeurera encore la vache à lait du pays pendant plusieurs décennies.

La relative santé de l’économie norvégienne, qui a réalisé 0,7 % de croissance au cours des deux premiers trimestres de cette année, ne plaide pas non plus pour une rapide évolution. « La crise du pétrole est finie, et elle n’a pas été aussi coûteuse et aussi dure qu’on pouvait s’y attendre. La conversion des activités pétrolières vers de nouvelles activités progressera probablement encore plus lentement désormais », analyse Erik Bruce, Economiste chez Nordea. La fin du pétrole en Norvège, ce n’est donc pas pour demain…