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FMI : 'Ce ne sont pas les plus riches qui font augmenter la croissance économique'

Les inégalités sociales pèsent sur la croissance économique, indique un rapport d’experts du FMI cité par L’Exppress. Les chercheurs estiment ainsi que des crises financières sont plus susceptibles d’avoir lieu à cause des inégalités de revenus.


Pour résoudre ce problème, les auteurs de l’étude soulignent qu’il serait nécessaire d’aboutir à une meilleure répartition des richesses via davantage d’impôts sur les actifs et sur les biens immobiliers.

L’association Oxfam s’est dite satisfaite de ces conclusions. Pour Nicolas Mombrial, le directeur d’Oxfam, ce rapport du FMI montre que l’on n’atteindra pas davantage de croissance économique en rendant les riches encore plus riches.

« L’écart entre les riches et les pauvres est à son plus haut niveau depuis des décennies », souligne encore l’étude. Plusieurs raisons sont avancées. « L’assouplissement » des règlementations du marché du travail, la baisse de popularité des syndicats ainsi que la diminution des salaires minimums auraient ainsi abouti au renforcement des inégalités de revenus. Ces contextes ont affaibli les possibilités de négociations des travailleurs. Les salaires plus bas ont également été affectés négativement par les progrès technologiques.

Crises


Selon l’étude, lorsque les revenus d’un cinquième des riches connaissent une hausse d’1%, la croissance économique s’affaiblit à moyen terme, soit de -0,08 point. Par conséquent, les avantages de la croissance ne se propagent pas vers les groupes les plus pauvres de population.

On ne peut donc pas dire que les revenus des plus riches sont injectés dans l'économie. En revanche, si les revenus d’un cinquième des plus pauvres augmentaient d’1%, la croissance économique augmenterait de 0,4 point, indiquent les experts. Selon ceux-ci, les revenus plus élevés des groupes les plus riches ainsi qu’une stagnation des bas salaires des groupes les plus pauvres de la population sont susceptibles de provoquer des crises financières.

« Une période prolongée d'inégalités plus élevées dans les économies avancées a été associée à la crise financière (de 2008-2009) en renforçant l'endettement par effet de levier (...) et en permettant aux groupes de pression de pousser vers plus de dérégulation financière », conclut le rapport.