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L'Eglise et la pédophilie : "Tout doit continuer comme avant"

Marie Collins, une Irlandaise qui a été abusée sexuellement pendant son adolescence par un prêtre, vient de démissionner de la Commission qui conseille le pape François dans la lutte contre la maltraitance des enfants au sein de l'Eglise.


La Commission pontificale pour la protection des mineurs a été créée il y a 3 ans par le pape avec l'objectif de proposer des mesures pour protéger les enfants et les mineurs contre la pédophilie au sein de l’Eglise. Au cours des dernières décennies, L'Eglise catholique a été maintes fois éclaboussée par des scandales sexuels impliquant des mineurs et ce, dans tous les pays où elle est active.

9% des les prêtres


Pas moins de 100 000 enfants - et probablement deux fois plus – ont été abusés d’une manière ou d’une autre par des prêtres catholiques. Cela représente 9 % du nombre total des prêtres et non pas 1 %  comme le Vatican l’affirme constamment, écrit l’avocat et militant des droits de l’homme australien Geoffrey Robertson QC écrit en 2010 dans son livre « The Case of the Pope  : Vatican Accountability for Human Rights Abuse ».

Le fait que les prêtres soient tenus au célibat et ne peuvent en aucune manière satisfaire leurs besoins sexuels a entraîné des abus massifs, écrit Robertson, qui a recueilli des preuves sur plusieurs décennies.

Un lobby gay au sein de la Curie


En 2014, l'Organisation des Nations Unies avait demandé au Vatican de prendre des mesures urgentes pour mettre fin au climat d’impunité à l’égard des abus sexuels commis par des prêtres. En dissimulant les cas d'abus, ou en réagissant trop lentement, le Vatican a violé les accords de la Convention des Nations Unies contre la torture, selon la commission de l’ONU qui veille au respect de cette Convention.
Peu de temps après son intronisation en 2013, François avait concédé qu’il existait un lobby homosexuel au sein de la Curie.

Une «culture de résistance» au sein du Vatican


La Commission pontificale pour la protection des mineurs a annoncé mercredi la démission de Marie Collins en raison d’une «frustration » liée au « manque de coopération allégué » de « la Curie romaine ». La Curie est l'appareil administratif du pape, formé par les organes du Saint-Siège qui aident le pape dans l'exercice de ses fonctions en tant que chef de l’ Eglise catholique romaine.

Dans une communication, Collins a évoqué une «culture de la résistance» au sein du Vatican. En dépit du fait que diverses mesures proposées ont été approuvées par le pape, les bureaucrates du Vatican ont refusé de mettre en œuvre les nouvelles règles.

Elle a également critiqué les «jeux politiques internes» et a déclaré que « la résistance aux changements» et  la «conviction cléricale de savoir tout mieux que les autres » étaient à la base de sa décision.

La perte de confiance à l'égard du pape


Collins a dit qu’il « était désastreux en 2017 de voir que ces hommes faisaient encore passer d'autres questions avant la sécurité des mineurs et des adultes vulnérables ».

L’avocat britannique Peter Saunders, la seule autre victime des abus sur enfants à avoir siégé à la Commission, en a été écarté il y a un an après un désaccord sur sa mission. Il a déclaré « avoir perdu toute confiance dans la capacité du pape à résoudre le problème ».