2017: Trump président, Le Pen présidente, et Poutine président?

“J’ai une vision de cauchemar pour l’année 2017: Trump président, Le Pen présidente, et Poutine président. Comme la plupart des cauchemars, celui-ci ne se concrétisera probablement pas. Mais le seul fait que Donald Trump et Marine Le Pen caracolent en tête des sondages pour les élections présidentielles américaines et françaises signale quelque chose de perturbant sur l’état de santé de la démocratie libérale en Occident”, écrit Gideon Rachman dans le Financial Times.

Aux Etats Unis, comme en France, beaucoup ridiculisent ces candidats, qui se sont illustrés par des déclarations choquantes, voire ouvertement racistes, les qualifiant “d’accident de parcours”. Mais leur popularité ne cesse de croître: en France, les sondages indiquent que le Front National de Marine Le Pen sortira grand vainqueur des prochaines élections régionales; aux Etats Unis, les commentateurs se rassurent en affirmant qu’Hillary Clinton l’emportera, quoi qu’il arrive; mais selon la dernière enquête d’opinion, la cote de popularité de Trump dépasse la sienne de 5 points.

La France et les Etats Unis ne sont pas les seuls pays où l’on constate une montée en puissance de l’extrême droite; en Hongrie et en Pologne, des partis ultra-nationalistes ont déjà pris le pouvoir. En Ecosse et en Catalogne, les partis nationalistes sont de plus en plus puissants, et menacent d’opérer la sécession de ces régions d’avec le Royaume Uni et l’Espagne, respectivement.

Rachman explique cette ascension par la perte de confiance dans les élites politiques traditionnelles et la recherche de mouvements alternatifs. Cette défiance est la conséquence de 4 tendances:

  • L’intensification de l’insécurité économique;
  • L’opposition à l’immigration
  • La crainte du terrorisme
  • Le déclin des média traditionnels.

Sur ce dernier point, Rachman explique:

Pour les populistes, nationalistes et extrémistes du monde occidental, un thème commun est que les média traditionnels ont supprimé le débat, et qu’ils sont contrôlés par une élite peu fiable. (…) En France et en Allemagne, l’argument selon lequel les “média menteurs” politiquement corrects ont supprimé le débat à propos de l’immigration est de plus en plus populaire. En même temps, la montée en puissance des média sociaux a permis à des explications alternatives de prospérer. Ces Américains qui veulent croire que le président Barack Obama est musulman trouvent en ligne ou dans la chambre d’écho d’une station de radio des âmes partageant les mêmes idées. Les conversations conspirationnistes se multiplient sur les réseau sociaux en Europe.

L’ex-sénateur Daniel Moynihan a dit :”Tout le monde a le droit d’avoir son opinion, mais pas ses propres faits”. A l’ère des média sociaux, ce n’est plus vrai. Pour les semblables des M. Trump, Mme Le Pen, M. Poutine, n’importe quoi peut-être étiqueté de “véridique”. Dans ce climat, et dans un contexte de crise économique, sociale, et d’insécurité physique,l’extrémisme prospère”.

 

 

 

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