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La viralité des fausses informations sur Facebook devient problématique

Le réseau social Facebook a besoin d'une action urgente pour endiguer le flot de fausses nouvelles qui se propagent en ligne, indiquent des scientifiques du Medical College of Wisconsin.


Les chercheurs ont constaté que sur Facebook, l’article le plus populaire au sujet du virus zika émanait de théoriciens de la conspiration. D’un point de vue général, les fausses nouvelles et les théories du complot sont beaucoup plus susceptibles de devenir virales sur le réseau social que des actualités basées sur des faits.


Pour aboutit à cette conclusion, les scientifiques ont analysé la couverture de l’épidémie zika sur Facebook entre mai et juin. Sur ce sujet, l’article le plus consulté des adeptes de la théorie du complot a réuni plus de 530.000 vues alors que la publication la plus populaire de l’Organisation mondiale de la Santé (OMC) a comptabilisé 43.000 vues.


Cet article intitulé « Ten reasons why zika virus fear is fraudulent medical hoax » (10 raisons pour lesquelles la peur du virus zika est un canular médical frauduleux) est en fait une séquence vidéo qui explique que le virus zika fait partie d’une conspiration des industries pharmaceutiques et chimiques destinée à vendre des vaccins, explique The Times.



Algorithmes


Les auteurs de l’étude estiment que Facebook devrait assumer la responsabilité des contenus de sa plateforme afin de prévenir les effets néfastes de ces messages sur le comportement du public.


En Août, Facebook s’est débarrassé de ses éditeurs et a placé ses thématiques du moment (trending topics) sous le contrôle d’algorithmes. Ces algorithmes, qui promeuvent le contenu en fonction de l’engagement des utilisateurs, ont permis que de fausses nouvelles scandaleuses deviennent populaires.


Alors que certains diffusent ces fausses histoires pour véritablement propager leurs croyances, l’argent est certainement la plus grande motivation. L’objectif est bien souvent d’alimenter le trafic vers des sites internet financés par la publicité qui ont besoin de la fréquentation d’un nombre important de visiteurs.


Facebook explique pour sa part prendre le problème de la désinformation très au sérieux. « Pour le fil d’actualités, nous utilisons des signaux variés basés sur la rétroaction de la communauté afin de déterminer quelles publications sont susceptibles de contenir des informations inexactes et nous réduisons leur diffusion », a déclaré un porte-parole du réseau.


Enfin, Facebook explique ne pas être une agence de médias mais bien la plus grande porte d’accès à des contenus avec 1,8 milliard d’utilisateurs. Le réseau totalise plus de recettes publicitaires que l’ensemble de la presse mondiale.