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Obama, à propos de l'IA : "Les personnes peu qualifiées seront de plus en plus remplaçables"

Le magazine américain Wired a publié dans son numéro de novembre une double interview avec le président américain Barack Obama et Joi Ito, directeur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT), sur le thème de l'intelligence artificielle (IA).

Le magazine américain Wired a publié dans son numéro de novembre une double interview avec le président américain Barack Obama et Joi Ito, directeur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT), sur le thème de l'intelligence artificielle (IA).


Obama a témoigné d’un grand intérêt pour le sujet, mais a également souligné le risque d'une inégalité croissante sur le marché du travail:

«J’ai tendance à être optimiste, au cours de l’histoire, nous avons absorbé de nouvelles technologies, et les gens ont constaté que de nouveaux emplois avaient été créés, ils ont migré, et notre niveau de vie s’est généralement élevé. Je pense que nous sommes dans une période légèrement différente aujourd'hui, en raison de la facilité d’application envahissante de l’intelligence artificielle et d’autres technologies. [...] Les personnes très qualifiées se débrouillent très bien dans ces systèmes. Elles peuvent développer leurs talents, elles peuvent s’interfacer avec les machines pour étendre leur portée, leurs ventes, leurs produits et leurs services.
Les personnes peu qualifiées, à faible salaire, sont en revanche de plus en plus remplaçables et même si leurs emplois ne sont pas remplacés, leurs salaires sont supprimés. Si nous voulons réussir cette transition, nous devons avoir un débat public pour savoir comment nous devons gérer cela. Comment devons-nous former les gens et faire en sorte que l'économie demeure inclusive, même si, en fait, nous produisons toujours plus, mais que cela profite de plus en plus à un petit groupe au sommet ? Comment pouvons-nous nous assurer que tout le monde ait un revenu pour vivre ? »

Ito aussi a émis un commentaire inquiétant sur les «sorciers» de l'IA :

« Cela va décevoir certains de mes étudiants au MIT, mais une de mes préoccupations est que c’est un groupe de jeunes, principalement des jeunes de sexe masculin, pour la plupart blancs qui développent la compétence informatique centrale autour de l’IA. Ils sont plus à l’aise pour parler avec les ordinateurs qu'avec les êtres humains. Beaucoup d'entre eux pensent que s’ils pouvaient généraliser cette IA de science fiction, nous n’aurions plus besoin de nous soucier de ces sujets difficiles que sont la politique et la société. Ils pensent que les machines décideront de cela pour nous ».