Cover image

Stiglitz : "L'Italie quittera la zone euro"

L’Italie ne fonctionne pas bien dans la zone euro

Moins de deux mois avant que les Italiens doivent se rendre aux urnes pour statuer sur une série de changements dans leur constitution, plusieurs économistes s’alarment. Dans une interview avec le journal allemand Die Welt Joseph Stiglitz, économiste américain lauréat du prix Nobel d'économie, prédit que le référendum « va provoquer un cataclysme » qui va pulvériser l'Union européenne.

Stiglitz était invité à la suite de la publication de son dernier livre  « The Euro: How a Common Currency Threatens the Future of Europe » (‘L'Euro: Comment une monnaie commune menace l'avenir de l'Europe’)

Le Premier ministre Matteo Renzi demande aux Italiens d'approuver une série de réformes en décembre, qui devraient permettre de rationaliser le système politique dans le pays. Ce projet n’est  pas sans fondement, mais les Italiens y voient une chance de voter contre leur gouvernement. Renzi a promis de démissionner s'il perd le référendum. Dans quatre des six sondages les plus récents, le «non» remporte le plus de votes.

Selon Stiglitz, l'Europe se dirige vers un «Italexit» et cela peut être principalement attribué à l’euro et à la politique d’austérité allemande :
« Les Italiens sont de plus en plus déçus par l’euro, ils commencent à réaliser que l'Italie ne peut pas fonctionner dans l'euro ».

La zone euro ne comptera pas plus de 19 pays dans les 10 prochaines années


L’économiste américain pense que d’autres pays suivront l'Italie, et il ajoute qu’il est très peu probable que zone euro compte plus de 19 pays dans les 10 prochaines années. Il note que l’Allemagne a déjà accepté que la Grèce quitte la zone euro, et que par le passé, il a lui-même conseillé à la Grèce, comme au Portugal, de quitter la zone euro.

Comme la solidarité européenne est insuffisante, il est très improbable que l’Europe soit capable de créer une union bancaire efficace, ou un programme de garanties bancaires communes. D’après Stiglitz, qui était autrefois l'économiste en chef à la Banque mondiale, si ces réformes ne sont pas mises en place, le meilleur moyen de relancer l’économie européenne sera de supprimer l’euro, ou de créer deux monnaies différentes, une pour les pays du Nord, et une autre pour les pays du Sud.

Dans une interview  avec le journal français Le Figaro le mois dernier, l’économiste américain avait appelé à un départ de l’Allemagne de la zone euro:

Dans l’hypothèse où les pays de l’Europe du Sud sortent de la zone euro, ils demeurent endettés en euros, ce qui implique que leur dette s’en trouvera alourdie, puisque leur nouvelle devise aura une parité bien inférieure. Cette situation est susceptible de déclencher une série de défauts de paiement et de faillites, tout comme la Grèce avait menacé de le faire en 2015, expliquait alors l’économiste. Il avait conclu :
« C’est pourquoi un abandon de l’euro par l’Allemagne est la solution la plus facile. Les autres pays ne peuvent pas continuer de souffrir parce que l’Allemagne refuse les solutions de mutualisation soutenues aujourd’hui par la plupart des économistes ».