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"Les pays riches ont accaparé la quasi-totalité des fonds du plan d'investissement pour l'Europe"

Selon un rapport de la Banque Européenne d’Investissement, qui n’a pas encore été publié officiellement, mais dont l’agence de presse Reuters s’est procuré une copie, 92 % de l’argent dépensé dans le cadre du plan d'investissement pour l’Europe, ou plan Juncker, ont été attribués à des projets provenant des 15 pays les plus riches de l’Union Européenne. Les 13 autres pays les plus pauvres du bloc, situés principalement en Europe de l’Est et en Europe centrale, ont dû se contenter des miettes, affirme ce rapport.


Le plan Juncker est un plan d’investissement doté d’un fonds de 315 milliards d’euros, destiné à stimuler l’investissement dans l’Union Européenne jusqu’en 2017, décidé à la fin de l’année 2014.

L’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne, qui ironiquement, vient de décider de quitter l’Union européenne, sont les pays qui ont le plus bénéficié de ce plan pour leurs projets d’infrastructure et d’innovation.

Les projets énergétiques ont totalisé la plus grande part, c'est-à-dire 46 % des investissements effectués dans le cadre du programme, qui couvre aussi les transports, l’infrastructure, les technologies numériques, la recherche et le développement, l’industrie et le tourisme.

L’Allemagne, la France et l’Italie sont les pays qui ont obtenu le plus grand soutien pour leurs PME, ce qui correspond à 54 % des dépenses.

À la fin du mois de juin, presque 105 milliards d’euros, soit un tiers du programme, avaient été engagés, conformément au calendrier prévu.

"L’Allemagne dispose de toutes les capacités du monde en matière d'investissement"


Lors d’un débat au parlement européen au mois de juin, certains eurodéputés ont vivement critiqué les résultats du plan Juncker. « Le plan devrait plutôt se concentrer sur des pays qui manquent d’investissement et de capacités d’investissement. L’Allemagne dispose de toutes les capacités du monde en ce qui concerne l’investissement »,  avait ainsi déclaré le député Ecolo Philippe Lamberts.

La commission a proposé d’étendre ce programme et son président, Jean-Claude Juncker, a indiqué qu’il ciblait 630 milliards d’euros d’investissements d’ici 2022.