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Les banques centrales impriment de l'argent à tout va, mais l'économie ne repart pas

Les banques centrales du monde injectent chaque mois quelque 200 milliards dans les économies des pays pour les relancer. Selon le magazine Quartz, les politiques monétaires de “quantitative easing” (“QE”, c’est à dire une politique d’impression de monnaie pour inciter les banques à prêter aux entreprises et aux ménages) qu’elles menaient par le passé n’ont jamais atteint cette ampleur, même lors de la crise financière il y a sept ans.


Ce qui était autrefois des mesures d'urgence est devenu la routine. Et pourtant, malgré cela, l’économie mondiale demeure atone. Alberto Gallo, gestionnaire de fonds chez Algebris Investments, estime que nous sommes passés à ce qu’il appelle le “QE infini”, une conjoncture se caractérisant par une croissance anémique, de faibles taux d'intérêt, sur laquelle les interventions des banques centrales n’ont plus aucun impact.

“Ils ne diront jamais qu’ils n’ont plus de munitions, mais les banquiers centraux commencent à ressembler à des empereurs nus”, dit-il.

Actuellement, la Banque du Japon et la Banque centrale européenne, qui injectent respectivement 96 milliards de dollars et 88 milliards de dollars par mois, sont les champions de “l’arrosage” des économies. Mais suite au référendum du brexit, la Banque d'Angleterre a annoncé qu’elle débuterait un nouveau QE de 78 milliards de dollars sur les 6 prochains mois.

Les banquiers centraux répètent à l’envi que leurs interventions ne visent qu’à faire gagner du temps, pour permettre aux gouvernements d’adopter des réformes structurelles. Mais ces politiques fiscales pourraient apparaître comme un frein à la croissance, selon les analystes de JPMorgan.

En outre, d’après Jörg Krämer, Economiste en chef à la Commerzbank, les gouvernements ne sont donc plus incités à réduire les dépenses publiques, car l’emprunt coûte moins cher aux Etats.