Cover image

Tsipras et Renzi veulent créer une "alliance du Sud"

Le 9 septembre prochain, les dirigeants ont été invités par Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, à une conférence à Athènes, avec, pour ordre du jour, les difficultés “communes” auxquelles ces pays sont confrontés, et plus particulièrement, celles qui sont posées par les politiques d’austérité et l’immigration, rapporte Euractiv. A l’issue de cette conférence, Tsipras devrait se rendre à Rome pour en prolonger les débats.


Tsipras et Matteo Renzi, le Premier ministre italien, avaient déjà évoqué la potentielle création d’une alliance du Sud à l’occasion du dernier sommet européen, à la fin du mois de juin dernier. Cette alliance aurait pour objectif de promouvoir des politiques économiques de relance. Les deux dirigeants reprochent également à l’UE de ne pas avoir tenu ses promesses et de n’avoir relocalisé que 3 056 réfugiés (2 213 de Grèce et 843 d’Italie), alors que le bloc s’est engagé sur un objectif de 160 000 personnes pour la fin du mois de septembre de l’année prochaine.

Ils ont convié la France, l’Espagne, le Portugal, Chypre et Malte à participer à ce projet d’alliance. La presse grecque affirme que Tsipras souhaite ainsi obtenir un assouplissement des mesures imposées à la Grèce dans le cadre du troisième plan de sauvetage du pays.

Tsipras et Costa


En avril, Tsipras s’était déjà allié au Premier ministre portugais, Antonio Costa, pour dénoncer les politiques d’austérité imposées à leurs pays respectifs. Ils avaient émis une déclaration commune, dans laquelle on pouvait lire que “Les économies restent déprimées et les sociétés divisées à cause des politiques d’austérité”, mais aussi critiqué la politique d’immigration de l’UE.

Renzi cherche à sauver le système bancaire italien mais aussi à juguler la montée en puissance du parti populiste italien Movimento 5 Stelle qui a récemment remporté les mairies de Rome et de Turin. Il tente donc de convaincre ses partenaires européens du bien-fondé d’un nouveau bailout.

Par ailleurs, le Portugal et la France redoutent tous deux les effets du brexit sur la croissance.

Les cancres budgétaires : France, Espagne, Portugal


Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, a récemment blâmé le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, pour avoir accordé un accord à la France concernant ses dépassements de déficit chroniques. “Si le président de la Commission affirme que les règles s’appliquent différemment pour la France, cela affecte la crédibilité de la Commission en tant que gardienne du Pacte”, a-t-il dit.

Enfin, l’Espagne et le Portugal ont échappé de peu à des sanctions de l’UE en raison de leur dérapage budgétaire. Le déficit espagnol a atteint 5,1 % du PIB en 2015 ; au Portugal, il s’est monté à 4,4 % du PIB du pays.Les deux pays se sont engagés à passer des réformes d’austérité pour redresser la situation, et repasser en dessous des 3 % règlementaires.