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500 euros : les billets conservent leur valeur, mais ils ne seront plus imprimés

La Banque centrale européenne n'imprimera plus de billets de 500 euros. Cependant, les 594 millions de billets en circulation aujourd'hui ne seront pas échangés. Leurs possesseurs peuvent les conserver aussi longtemps qu'ils le souhaitent, parce qu'ils restent valables indéfiniment.


La mesure est similaire à celle qui avait été prise en 2002 pour le deutsche mark au moment de l'introduction de l'euro. Les Allemands peuvent continuer à échanger leurs marks sans limite de temps. De même, les Belges peuvent obtenir l'échange de leurs anciens francs contre des euros. Les Français, quant à eux, disposaient d’un délai de 10 ans pour substituer leurs francs contre des euros.

Ainsi, les coupures de 500 euros conservent leur valeur, même si plus aucun nouveau billet n’est mis en circulation. Dès qu’un billet de 500 euros se retrouvera dans les coffres d’une banque nationale, il sera retiré de la circulation.

La mesure est un compromis. De cette manière, la BCE peut répondre aux exigences des États-Unis et du Royaume-Uni, sans mécontenter les Allemands.

Le billet de 500 euros est l'une des plus grandes dénominations des grandes puissances et il est souvent associée à la criminalité, à l’économie souterraine, et aux réseaux terroristes.

Selon Rob Wainwright, qui dirige la branche européenne d'Europol, le billet de 500 euros est l'instrument privilégié des réseaux criminels et terroristes. Par ailleurs, les responsables politiques se plaignent du fait que la majorité de ces billets se trouvent en Russie, et non pas dans la zone euro.

Dans le même temps, les Allemands sont fortement opposés à la suppression des coupures à forte dénomination.

En février dernier, Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, s’était opposé à la suppression du billet de 500 euros, expliquant que toute atteinte à l’utilisation des espèces pourrait saper la confiance dans la monnaie euro. Certains économistes préconisent de supprimer les espèces pour donner plus de poids aux politiques monétaires basés sur les taux d’intérêt négatifs. Le Président de la Bundesbank doute également que l’élimination des grosses coupures stopperait les terroristes et les criminels.