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'La déflation va durer, les jeunes du millénaire en sont la cause'

Une étude récente, publiée par un cabinet de recherche américain, Convergex, propose une analyse originale de la conjoncture actuelle: le contexte de déflation auquel nous sommes confrontés serait issu des comportements de consommation des jeunes de la génération du millénaire, c’est à dire nés entre les années 1980 et 2000.


Dans leur étude, les chercheurs affirment que les emprunts que les jeunes Américains et Anglais ont dû souscrire pour financer leurs études pèsent sur leur budget, et que ce phénomène se combine avec l’apparition des offres de l’économie collaborative et des technologies de partage pour entraîner une baisse des prix des biens et des services.

Les jeunes de cette génération substituent les formules de location à l’achat, ils préfèrent effectuer leurs emplettes sur internet pour y traquer les meilleures affaires, et avoir recours au streaming plutôt que d’acheter des films en DVD, ou des albums musicaux, observent les chercheurs.  

En outre, ces jeunes ont adopté un style de vie dans lequel ils s’épargent un certain nombre de corvées du quotidien. Ils préfèrent désormais confier la réalisation de ces tâches à une kyrielle de startups qui leur permettent de gagner du temps.

“Disruption est devenu un code pour dire Deflation”, affirment ces chercheurs, qui soulignent que des startups telles que Uber et Airbnb, par exemple, ont renforcé la concurrence sur leurs marchés respectifs, et fait baisser les prix. Ils spéculent que ce n’est pas fini, et que la génération suivante de startups sera encore plus compétitive, et qu’elle signera la disparition de ces entreprises et l’avènement d’une nouvelle économie. Dans ce nouveau paradigme, la déflation sera un facteur constant, utile, que les banques centrales ne chercheront plus à éradiquer.

La “lifestyle inflation”


Cependant, cette déflation sera contrebalancée par une tendance inflationniste qui empêchera qu’elle ne se solde par une baisse de la consommation et une stagnation des salaires: la “lifestyle inflation”.

Par ce terme, les chercheurs désignent les stimuli à la consommation que les utilisateurs des réseaux sociaux s’adressent lorsqu’ils communiquent les témoignages des satisfactions qu’ils ont éprouvé à consommer des voyages, des restaurants, ou de nouveaux gadgets high techs, par exemple. Les images liées à la consommation de ces biens, diffusées auprès de leur réseau sur Facebook ou Instagram, inciteront leurs suiveurs à consommer aussi davantage, ce qui suscitera plus de concurrence.

Les chercheurs concluent donc que les banques centrales ne doivent plus centrer leur politique monétaire sur la lutte contre la déflation, car les jeunes du millénaire l’ont déjà intégrée dans leur manière de vivre, et que celle-ci est devenue le signe d’une économie prospère.