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Rutte: "6 à 8 semaines pour sauver Schengen"

"L’Europe ne dispose que de 6 à 8 semaines pour sauver Schengen”. Cette déclaration, c’est celle que le Premier ministre hollandais, Mark Rutte, a faite lors de son intervention au Forum Economique de Davos.


Rutte a indiqué que 35.000 personnes avaient déjà effectué la traversée entre la Turquie et la Grèce au cours de ce mois de janvier, alors qu’il n’y en avait eu que 1700 sur l’ensemble de janvier 2015. “Nous ne pouvons plus faire face avec de tels chiffres”, a-t-il dit. Selon le Premier, si l’UE ne fait rien, le nombre des arrivées pourrait quadrupler dans les prochaines semaines, avec l’arrivée du printemps et d’une météo plus clémente  qui renforceront l’afflux de migrants. Les différents Etats membres seront conduits à restaurer les contrôles à leurs frontières, ce qui mènera à l’effondrement de la zone de libre circulation.

Rutte préconise donc de renforcer l’accord existant avec la Turquie pour la gestion des réfugiés arrivant dans ce pays, et la mise en oeuvre des accords de répartition des réfugiés entre les différents Etats membres.   

Cependant, Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, a expliqué au même parterre que l’UE avait besoin de mettre en place un “plan Marshall” pour favoriser le développement économique des pays du pourtour méditerranéen, et ainsi de dissuader les populations de ces pays de migrer vers l’Europe. Il a concédé qu’il faudrait consacrer “des milliards” pour ce plan.

Quelques pays européens ont déjà, de fait, rétabli les contrôles à leurs frontières: la Suède effectue des contrôles sur le pont Oresund, qui marque sa frontière avec le Danemark. Depuis ce mercredi, la Macédoine a fermé ses frontières avec la Grèce pour les migrants. L’Autriche a annoncé qu’elle n’accueillerait que 35.000 réfugiés pour l’ensemble de l’année 2016.

Miro Cerar, le Premier ministre slovène, a exhorté les autres pays membres de l’UE à déployer des forces de police aux frontières de la Macédoine avec la Grèce, justifiant cette demande par “l’immense pression” que subit cette dernière.