Pourquoi McDonald's a déjà commencé à recruter les grands-parents de ses employés pour travailler avec eux

[PICTURE|sitecpic|lowres]


David Fairhurst, DRH chez McDonald’s Europe, a alerté l’Europe que la chaîne de fastfood, qui emploie 425.000 personnes dans 38 pays du Vieux Continent, ressent déjà les effets d’une crise européenne en matière de main d’œuvre. L’Europe est « au bord du gouffre » dans ce domaine, dit-il.


« La main d’œuvre est en train de se réduire des deux côtés du spectre démographique », a-t-il expliqué au Financial Times. « Il n’y a pas assez de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, et trop de travailleurs âgés qui en partent ». Il affirme que la pénurie de main d’œuvre qui va en résulter va bientôt avoir un impact négatif sur la croissance économique, en dépit des forts taux de chômage en Europe. En moyenne, on déplore un taux de chômage de 10,8% en moyenne au sein de l’Europe, mais il atteint plus de 23% chez les jeunes.


Cette pénurie de main d’œuvre est une conséquence directe de la chute du taux de natalité en Europe. Celle-ci est plus sévère dans les pays les plus pauvres du sud et de l’Est du continent. On estime qu’un tiers des populations grecque, espagnole et portugaise sera âgé de plus de 65 ans en 2050, alors que cette tranche d’âge ne représente que 18% de la population pour le moment.


Selon Fairhurst, cette pénurie pourrait conduire à l’impasse dès 2015 aux Pays-Bas, et dès 2016 en Allemagne. En revanche, d’autres pays pourraient bénéficier d’un sursis, comme le Royaume Uni, qui ne devrait connaître le problème qu’à partir de 2023.


« Il y a de plus en plus de signes qui indiquent qu’une relance durable en Europe pourrait être compromise par le ralentissement de la croissance de la main d’œuvre », dit-il. Si l’emploi ne progresse plus, cela implique que l’on ne pourrait compter que sur les gains de productivité pour générer de la croissance. Or, sur les dernières années, ces gains de productivité ont été assez faibles. Un rapport de la Commission Européenne a démontré que le taux de croissance moyen de 2.25% que connaissaient les pays de l’UE avant la crise provenait pour 1% de gains de productivité, et pour 1% de la croissance de l’emploi.


Fairhurst estime que la croissance liée à la progression de l’emploi ne pourra pas être maintenue au delà de 2019. La main d’œuvre européenne devrait se réduire de 0,5% par an à partir de 2022, selon les prévisions. « Si les employeurs peuvent favoriser la participation d’une plus grande fraction de la population en âge de travailler, il sera possible de repousser d’une décennie le moment où ce problème se posera de façon dramatique d’une décennie », explique-t-il. Selon lui, les employeurs doivent développer des stratégies pour attirer les jeunes et éviter les effets de la raréfaction des candidats potentiels aux postes des niveaux hiérarchiques les plus faibles dans plusieurs secteurs d’activité. Seulement 41% des jeunes Européens âgés de 15 à 24 ans sont actuellement sur le marché du travail.


Une autre solution consiste à employer plus de séniors. Les ¾ des effectifs de McDonald’s sont âgés de moins de 30 ans, mais la firme a déjà commencé à recruter des séniors pour les faire travailler avec leurs employés plus jeunes. Au sein de l’Europe, moins de la moitié des travailleurs âgés de 55 à 64 ans ont un emploi ; au Royaume Uni, cependant, près de 60% des actifs de cette tranche d’âge travaillent.


Fairhurst affirme qu’il y a de bonnes raisons d’embaucher des séniors. Des études menées par la Lancaster University Business School ont montré que les clients étaient en moyenne 20% plus satisfaits dans les restaurants qui avaient embauché des salariés de plus de 60 ans .