Erdogan revendique les Balkans

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Dans un discours qu’il a donné mercredi dernier dans la Thrace orientale, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que pour lui, la Thrace (une région en Europe du Sud située dans le nord-est de la Grèce, le sud de la Bulgarie et de la Turquie d'Europe, qui faisait autrefois partie de l'Empire ottoman) comprenait les provinces grecques de Thessalonique et Xanthi, les provinces de Skopje et du Vardar (Macédoine), du Loudogorié et de Kardjali (Bulgarie), et de Pristina (Kosovo). « La Thrace est un témoin de notre histoire. Cette région est représentative de toute notre histoire », à déclaré l’homme d’Etat turc.


Cette déclaration, interprétée comme une revendication territoriale provocante, a suscité l’agacement dans les pays concernés. « Les références historiques et géographiques à une région riche d’une telle signification historique comme les Balkans devraient toujours être évoquées avec attention. Aujourd’hui, le seul critère est de s’en tenir aux lois internationales et aux règles de bon voisinage basées sur le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale de toutes les nations de la région. Pour la Grèce, il s’agit d’une position fondamentale, inviolable et qui va de soi », a déclaré un représentant du ministère des Affaires Etrangères grec, Konstantinos Koutras.


Le ministère des Affaires Etrangères bulgares a déclaré dans un communiqué que le message du Premier turc n’est pas constructif et qu’il risque de nuire aux bonnes relations de voisinage des deux pays. Peu après, le président bulgare Rosen Plevneliev a affirmé son soutien à son ministère.


Pour le journal bulgare Duma, il ne faut pas laisser ces provocations sans réponse: « Ce n’est pas la première, et ce ne sera certainement pas la dernière déclaration de ce type de la part d’Erdogan. Encore très récemment, il a dit « Le Kosovo, c’est la Turquie ». Et n’oublions pas qu’il a déjà déclaré que la Bosnie et Herzégovine était la 81ème province turque. La régularité avec laquelle il émet ce type de déclarations montre clairement que l’idée néo-ottomane est encore bien vive. Ankara n’a jamais cessé de rêver de la renaissance de l’empire Ottoman. (…) Il est désormais essentiel que nos politiciens se positionnent de façon claire et sans ambiguïté face à ces déclarations, qui mettent en question notre intégrité territoriale ».