'Pas assez riche': le 'Warren Buffett du Moyen-Orient' porte plainte contre Forbes pour diffamation

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Le prince saoudien Alwaleed bin Talal, surnommé le « Warren Buffett du Moyen Orient », vient de déposer une poursuite judiciaire en diffamation contre le magazine américain Forbes auprès de la cour de Londres. Il affirme que le magazine a sous-estimé sa fortune de 9,6 milliards de dollars. Forbes l’a relégué à la 26ème place de son célèbre palmarès Forbes 2013 des milliardaires, alors que le prince estime qu’il devrait faire partie du « top 10 », entre les Français Arnault et Bettencourt.


« Nous sommes très surpris par les déclarations selon lesquelles le prince Alwaleed a décidé de porter plainte contre Forbes, en particulier s’il l’a fait au Royaume Uni, une juridiction qui n’a absolument rien à voir avec notre article récent qui a suscité les questions à propos de ses prétentions concernant sa fortune », a déclaré le magazine dans un communiqué.


Selon Forbes, la fortune d’ Alwaleed bin Talal a atteint 20 milliards de dollars en 2012, alors que le principal intéressé estime qu’elle se montait à près de 30 milliards de dollars. Il accuse le magazine d’être « partial de façon évidente» à l’encontre des sociétés saoudiennes.


En mai dernier, le prince avait décidé de rompre toutes relations avec Forbes pour les mêmes raisons, et à la suite de cette décision, le magazine avait mené une enquête pour valoriser exactement sa fortune. Il avait justifié l’écart de calcul de son patrimoine par une valorisation plus raisonnable des 95% qu’il détient dans le fonds Kingdom Holding, un fonds d’investissement qui détient des parts de Four Seasons Hotels, Citigroup, ou encore News Corp. Comme cette valorisation dépend du cours des actions qui la composent, elle peut être très fluctuante. Mais pour Forbes, la volatilité qui a conduit à une telle différence d’évaluation ne s’explique pas que par les humeurs des marchés financiers. Le magazine affirme que la valorisation faite par le "Warren Buffett du Moyen Orient" « monte et descend en fonction de facteurs qui, par coïncidence, semblent plus liés à la liste des milliardaires Forbes qu’à des fondamentaux ». Le magazine avait également dénoncé l’attitude du prince, affirmant qu’il « exagèrait systématiquement » sa richesse, et affirmé qu’aucun autre milliardaire ne faisait autant pression sur lui pour influencer son classement.