2000 chômeurs finlandais perçoivent maintenant un revenu de base

La Finlande va commencer ce mois-ci à verser un revenu de base à 2000 personnes sans emploi âgées d’entre 25 et 58 ans. Ce groupe d’élus, qui a été choisi au hasard, recevra chaque mois 560 € sur son compte bancaire pendant 24 mois. Au terme de cette période, le bilan de l’expérience sera dressé. L’idée du versement d’un revenu de base a été lancée en mai 2015, lorsque la coalition de centre-droit du Premier ministre Juha  Sipilä est arrivée au pouvoir. Le Premier Sipilä considère que le revenu de base est un instrument approprié pour lutter contre la pauvreté. « Même pour les gens qui perdent leur emploi, le système leur permettrait de percevoir un revenu suffisant pour satisfaire leurs besoins fondamentaux », fait-il remarquer.De façon paradoxale, la mesure vise à réduire le chômage. Un revenu de base permettrait en effet aux chômeurs d’accepter des emplois peu payés. Actuellement, un chômeur qui accepte un emploi à temps partiel perd une partie de ses bénéfices, ce qui signifie qu’il peut éventuellement se retrouver avec un revenu global inférieur à celui qu’il percevait au chômage.

La Suisse s’est prononcée contre le revenu de base

L’année dernière, les Suisses ont rejeté à une large majorité l’instauration d’un revenu de base. Près de 80% des participants ont voté contre la proposition de verser tous les mois un montant de 2.500 francs suisses (2.250 euros) à chaque Suisse, quel que soit son activité. Les enfants de moins de 18 ans auraient quant à eux reçu un revenu mensuel 565 euros.L’architecte de ce projet de revenu minimum suisse est l’économiste suisse Enno Schmidt. Il affirme qu’assurer un revenu de base redonnerait de la dignité et une sécurité financière aux pauvres, mais que cela stimulerait également la créativité et la création d’entreprises. Les porteurs de projets n’hésiteraient plus à tenter de réaliser leur rêve. Chacun pourrait poursuivre ses passions, plutôt que d’occuper un emploi alimentaire. Pour Schmidt, il s’agit d’un combat comparable à la lutte pour les droits civiques, comme le vote des femmes, ou la fin de l’esclavage.

La Belgique

En Belgique, le revenu de base est inclus dans le programme d’un certain nombre de partis. Le programme du mouvement belge Vivant (acronyme de « Individuele Vrijheid en Arbeid in een Nieuwe Toekomst » – ‘liberté individuelle et travail dans un nouvel avenir’), fondé par l’entrepreneur flamand et actuel président du Standard de Liège Roland Duchâtelet, inclut un revenu de base pour tous les adultes, qu’il appelle “allocation citoyenne”.Des projets pilotes de revenu minimum ont déjà été adoptés dans plusieurs provinces canadiennes, notamment en Ontario, dans des villes néerlandaises (Utrecht mène actuellement une expérience de « revenu de base » et a ville de Tilbourg devrait lui emboîter le pas). A Chypre, le revenu minimum est déjà un acquis, et une proposition d’instauration d’un revenu de base devrait être soumise prochainement au parlement finlandais.

Le travail demeure le principal instrument de répartition des richesses

L’idée d’un revenu de base recueille des partisans au travers de l’ensemble du spectre politique, mais l’instauration, dès à présent, d’un système de revenu de base pourrait être dangereuse, a récemment écrit The Economist.Il avait souligné qu’un tel système coûterait énormément d’argent et que, très probablement, son versement se ferait au détriment de coupes dans d’autres postes d’aides sociales, ce qui signifie qu’une partie de la population se retrouverait avec un revenu inférieur à celui dont elle disposait précédemment.En outre, les États ne possèdent pas les ressources suffisantes accorder ce revenu à tous les habitants, certains seront donc expulsés du système, marginalisés et fragilisés.Au fil du temps, le revenu minimum pourrait avoir pour effet de dissuader une fraction toujours plus importante de la population de travailler. Son inactivité pourrait être à l’origine de troubles sociaux. Enfin, les pays instaurant un revenu de base pour tous risquent d’être débordés par le nombre d’immigrants en quête de bien-être social. Une des conséquences pourrait être la fermeture drastique des frontières, ou la création d’une classe de citoyens exclus de ce bénéfice.En fin de compte, le travail demeure le meilleur outil pour distribuer les richesses, avait conclu le magazine.

Les critiques

Les opposants au projet évoquent une idée utopique, vouée à l’échec. Ils estiment que ce système va inciter la population à se détourner du travail, notamment des emplois pénibles, et qu’il provoquera  un manque de recettes fiscales.

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