Erdogan en a marre de l’UE, il veut adhérer au « Shanghai Five » avec la Russie et la Chine

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche que son pays ne voulait pas adhérer à tout prix à l’Union européenne et qu’il considérait aussi la possibilité que son pays rejoigne le « Shanghai Five », un bloc dominé par la Chine, la Russie et un certain nombre de pays d’Asie centrale.

Membre de l’OTAN, la Turquie négocie depuis 11 ans son adhésion à l’UE, mais le leadership européen se montre de plus en plus rétif face à l’attitude d’Ankara à l’égard des libertés démocratiques, ce qui est interprété par Erdogan comme une forme de «condescendance ». « L’UE fait traîner le processus d’adhésion depuis 53 ans », a déclaré le président turc.

« La Turquie doit se sentir à l’aise, elle ne doit pas dire « Pour nous, c’est l’UE à tout prix », a déclaré Erdogan au journal Hurriyet à son retour d’une visite au Pakistan et en Ouzbékistan.

« Pourquoi la Turquie ne ferait-elle pas partie du Shanghai Five? J’ai dit cela à M. Poutine (le président russe) et à M. Nazarbayev (le président kazakh), à ceux qui sont dans le Shanghai Five aujourd’hui. J’espère qu’il y aura des développements positifs dans ce sens. Je pense si la Turquie rejoignait le Shaghai Five, cela nous permettrait d’agir avec plus d’aisance ».

Les 5 du « Shanghai Five » sont en fait 8

Le Shanghai Five comprend en fait 8 membres. En 2001, la Chine, la Russie et quatre pays d’Asie centrale – le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – se sont regroupés pour former l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dans le but d’améliorer la sécurité de ces pays et de former un bloc contre l’islam radical et le trafic de drogue de l’Afghanistan voisin.

Cette année, elle a admis deux nouveaux membres : l’Inde et le Pakistan.

La Turquie est l’un des partenaires de discussion de l’OCS, tandis que la Biélorussie, la Mongolie, l’Iran, et l’Afghanistan sont des Etats observateurs. Les partenaires de discussion peuvent participer aux réunions de l’OCS, mais ils ne disposent pas de droits de vote.

L’OTAN

L’adhésion de la Turquie à l’OCS enverrait probablement un signal d’alarme au siège bruxellois de l’OTAN. Erdogan a demandé aux Turcs la semaine dernière de rester patients à l’égard de l’Europe jusqu’à la fin de cette année, mais il a également indiqué qu’il envisageait la possibilité d’organiser un référendum sur l’adhésion de l’UE. Ce dernier serait organisé en 2017.

 

Russian President Viladimir Putin listens on December 3, 2012 during a press conference with Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan in Istanbul. Putin met with Erdogan for talks covering their opposing views on Syria and how to deal with a conflict that has claimed around 41,000 lives since March 2011, according to one monitoring group. Turkey and Russia have growing trade and energy links but they remain at loggerheads over Syria. AFP PHOTO/BULENT KILIC / AFP PHOTO / BULENT KILIC
AFP PHOTO/BULENT KILIC

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