Pourquoi l’Arabie Saoudite veut des élections en Syrie… Mais pas chez elle

Au cours de l’émission “UpFront”, le présentateur d’Al Jazeera Mehdi Hasan a demandé au Représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès des Nations Unies, Abdallah al-Mouallimi, pourquoi son pays soutenait l’idée d’élections démocratiques en Syrie, alors qu’il n’organise lui-même jamais ce type d’élections.

“Ce n’est pas parce qu’il doit y avoir des élections en Syrie qu’il doit y en avoir ailleurs”, a répondu le diplomate, affirmant que si l’on demandait son avis au peuple saoudien sur la structure du pouvoir dans le pays, il donnerait son soutien au régime. “Les élections ne sont pas la panacée. La question clé, c’est que la population soit contente et satisfaite avec  la forme de gouvernement qu’elle a, et je voudrais dire que si vous deviez vous rendre en Arabie Saoudite et que si vous deviez y mener un sondage en Arabie Saoudite, sous quelque forme que ce soit, officiel, formel, ou autre, vous trouveriez un fort degré de soutien pour le système de gouvernement en Arabie Saoudite”, a-t-il ajouté. “Mais est ce que ce n’est pas parce que s’ils disent qu’ils ne veulent pas de ce gouvernement, qu’ils en veulent un autre, ils peuvent aller en prison?”, a insisté le journaliste, rappelant que réclamer un changement de gouvernement était un délit en Arabie Saoudite.“Non, non”, lui a répondu le diplomate, confirmant cette interdiction. Mais je dis que s’il existait un moyen d’interroger les gens du peuple dans la rue anonymement, de façon privée, ils “Mais ce moyen existe, cela s’appelle voter”, a coupé le journaliste. “Eh bien, voter selon les règles de la démocratie occidentale n’est pas… ““Non, voter selon les règles de ce que vous souhaitez en Syrie”, a coupé le journaliste.“Ok, eh bien, même cela n’est pas la solution pour un système de gouvernement. Ce qui compte, c’est le pacte entre le gouvernement et les assujettis, l’acceptation mutuelle. Je peux vous dire que cette acceptation mutuelle est bien plus grande en Arabie Saoudite, que dans n’importe lequel de presque tous les pays du monde”.

L’Arabie Saoudite et les droits de l’homme

Les Saoudiens ne peuvent voter que lors d’élections locales et depuis les années 1960, seulement 3 élections de ce type ont été organisées. Les femmes n’ont eu le droit de voter à ces élections qu’à partir de l’année dernière, lorsqu’elles ont eu lieu pour la dernière fois.  En septembre dernier, l’ex-ambassadeur de l’Arabie Saoudite auprès des Nations Unies, Faisal bin Hassan Trad, a été nommé pour présider un panel d’experts indépendants au Conseil des droits de l’homme (CDH). Pourtant, selon le président d’UN Watch, Hillel Neuer, le pays détient le pire record du monde en matière de liberté de culte et de droits des femmes.

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