Des manifestants français

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Politique

Voici les 5 plus gros risques pour 2019

L'Eurasia Group publie cette semaine ses prévisions pour 2019. Fondé en 1998 par Ian Bremmer, le groupe est spécialisé dans le conseil en matière de risques politiques. Chaque année, la société recense une douzaine de risques susceptibles de bouleverser de fond en comble la situation existante aux niveaux national et international. 

Ce sont les 5 plus importants :

5. États-Unis

2019 sera une année chaotique pour la politique intérieure américaine. Bien que les chances de destitution du président Trump soient faibles, la volatilité politique dans le pays sera exceptionnellement élevée. Maintenant que les démocrates ont repris le pouvoir à la Chambre des représentants, des jeux politiques seront mis en place pour arrêter complètement le processus décisionnel dans le pays. Le président est confronté à un certain nombre de défis extrêmement délicats, en raison des démocrates, des médias et surtout des tribunaux. En outre, des enquêtes supplémentaires sont en cours sur son gouvernement, ses activités commerciales, sa campagne et les membres de sa famille.

Mais Trump n'est pas quelqu'un qui accepte simplement ce que les institutions constitutionnelles décident. Donc, il va se battre et attaquer tout ce qui ne l'arrange pas. Une crise constitutionnelle fait donc partie des possibilités, qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les marchés financiers et la plus grande économie du monde. Les politiciens coincés ont également tendance à se concentrer sur les pays étrangers. 

Eurasia Group voit également un risque de violence dans les rues, tel qu'il existait dans les années 1960 et 1970. Aujourd’hui, la société américaine est tellement divisée qu’il ne faut pas grand-chose pour faire déborder le pot rempli de vitriol politique et de conflits politiques.

Le président américain Donald Trump

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4. Le populisme européen

La vague populiste se développera également à travers l'Europe cette année. Les partis populistes remporteront plus de sièges que jamais auparavant lors des élections européennes de mai 2019. Cela leur donnera plus de poids dans les processus décisionnels européens et dans les institutions européennes, où ils tenteront de renverser la politique européenne actuelle en matière d'immigration, de commerce et de démocratie.

Simultanément, les populistes d'Italie et de France vont étendre leur pouvoir. Ces pays sont les seconde et troisième plus grandes économies européennes.

L'érosion de l'Union européenne, provoquée par des forces internes, va s'accélérer davantage, ce qui réduira la capacité de lutter contre les crises potentielles. Selon Eurasia, la prochaine Commission européenne sera déjà en crise avant de commencer. 2019 sera l'année où les populistes acquerront un réel pouvoir sur la scène européenne.

Des manifestants français des Gilets Jaunes tiennent une banderole avec un slogan antisystème

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3. Rien ne va plus dans le domaine de la cyber-guerre

Washington n'exposera jamais sa cyber-puissance dans le but de prévenir les cyber-attaques contre les États-Unis. Mais des rivaux importants tels que la Russie, la Corée du Nord, l'Iran et la Chine ne se laisseront pas faire. En attendant, des individus, et non des pays, sont devenus les acteurs les plus dangereux du cyber-monde. Ils sont beaucoup plus difficiles à combattre. Les tentatives de démonstration de force des États-Unis pour mettre de l'ordre dans le monde cybernétique risquent de provoquer l'effet inverse, avec toutes les conséquences qui en découlent.

Une conférence sur les menaces de cybersécurité

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2. La Chine contre États-Unis

La relation sino-américaine est brisée. Le cessez-le-feu convenu temporairement entre Trump et Xi Jinping à l'occasion du G20 à Buenos Aires n'a pas changé grand chose. Aux États-Unis, les démocrates et les républicains s'accordent sur la menace chinoise. Mais une Chine fière et en pleine croissance ne se laissera pas faire par la pression américaine.

En conséquence, la guerre acharnée dans le domaine de la technologie deviendra plus intense. Les obstacles au commerce freineront les investissements. Les chaînes d'approvisionnement (chaînes de production) seront interrompues ou disparaîtront et le risque d'un accident en mer de Chine méridionale n'est pas exclu.

La Première Dame américaine Melania Trump, le président chinois Xi Jinping et le président américain Donald Trump

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1. les mauvaises graines

La dynamique géopolitique mondiale est au point mort. Songez aux relations transatlantiques, aux États-Unis et à la Chine, à l'Union européenne, à l'OTAN, le G20, le G7, l'Organisation mondiale du commerce, la Russie et ses voisins, le Moyen-Orient et l'Asie. Toutes ces relations évoluent de manière négative. Et cela n’était pas arrivé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce «mauvaises graines» se développeront encore davantage en 2019, tandis que les leaders mondiaux regarderont ailleurs.

Pensez à l'effritement des relations entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels, à l'érosion persistante de l'Union européenne, à l'affaiblissement des institutions américaines ou à l'attrait croissant du populisme parmi ceux qui pensent être négligés.

Aucune de ces choses ne devrait conduire à une catastrophe cette année, mais elles évoluent toutes dans la mauvaise direction. Elles deviennent des mines terrestres et ne rendent le monde que plus vulnérable à une nouvelle crise.

La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, et le président américain Donald Trump

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Le top 10 complet se trouve ici :

la liste des 10 plus grosses menaces pour 2019 selon Eurasia Group

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