Hassan Rouhani, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine

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Politique

Syrie: l'Occident n'est plus à la table des négociations mais doit payer l'addition

La Russie, la Turquie et l’Iran se réunissent vendredi pour discuter de la situation en Syrie. L'Occident n'y sera pas.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, son homologue russe Vladimir Poutine et le président iranien Hassan Rouhani se rencontreront vendredi à Téhéran, la capitale iranienne. Ils discuteront de la situation en Syrie et élaboreront une stratégie pour combattre les derniers groupes islamiques qui contrôlent la région autour d'Idlib, près de la frontière turque.

La facture s'élève à 400 milliards de dollars

Après sept ans de guerre, 500.000 morts, 6 millions de Syriens déplacés et une facture qui selon l'Organisation des Nations Unies s'élève à environ 400 milliards $, la Syrie n'est rien de plus qu'une ruine, encerclée par un certain nombre de pays qui veulent tirer des avantages politiques et économiques de leurs efforts de guerre.

un enfant syrien sourit dans les décombres

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Le fait qu'aucun pays occidental n'ait été invité à la réunion ne fait que prouver le pouvoir croissant de la Russie dans la région. Cela ne devrait pas surprendre, car l'Occident n'était que trop heureux que la Russie soit disposée à faire le sale boulot dans le nid de vipères de la Syrie.

Selon ce nouveau triumvirat, l'Occident peut également s'attendre à une facture salée. Un chèque en blanc, de préférence au nom du despote Bachar Al-Assad, afin de garantir la stabilité dans la région. 

Un plan Marshall financé par l'Occident

Poutine et ses collègues se concentrent sur une sorte de plan Marshall financé par l’Occident, qui devrait permettre la reconstruction de la Syrie et le retour des réfugiés syriens d’Europe. Mais l'Occident veut-il faire affaire avec 3 personnes qui n'attendent aucune ingérence américaine ou européenne dans la région?

D'autres superpuissances suivront également vendredi avec attention ce qui se décidera à Téhéran. La Chine, par exemple, qui a récemment mis une enveloppe de 20 milliards de dollars à la disposition des pays arabes.

La guerre risque donc d'avoir été plus facile à faire que la paix. Et l'Occident s'apprête à en faire l'expérience maintenant. Parce que tout ce qui vient du chaos syrien, contiendra toujours un élément russe. Bien que la Russie ne soit pas encore considérée comme une superpuissance régionale, Poutine a réussi à maintenir l’Occident et les États-Unis hors de la table des négociations.

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