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Politique

Donald Trump va-t-il se mettre le monde à dos en retirant les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien?

On saura ce mardi si les États-Unis se retirent ou non de l'accord sur le nucléaire iranien. Difficile d'imaginer Donald Trump, qui a toujours affiché son opposition à cet accord, écouter les appels de ses homologues français ou britanniques à bien réfléchir avant de claquer la porte.

Après des années de négociation, les six plus grandes puissances mondiales ont conclu, en juillet 2015, un accord avec l'Iran sur le désarmement nucléaire de ce dernier. À table, se trouvaient les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la France, la Chine et l'Allemagne.

L'objectif principal de ce deal était d'empêcher l'Iran de développer des armes nucléaires. Le pays a donc dû remettre son stock d'uranium et démanteler toutes ses installations. En guise de contrôle, les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (IAEA) ont été chargés de suivre en continu les activités de la république islamique.

En contrepartie du démantèlement nucléaire, les sanctions économiques qui frappaient l'Iran depuis de longues années ont été levées. Mais s'il s'avère que le pays viole les termes de l'accord, ces sanctions seraient à nouveau appliquées.

2025

Cet accord international a été signé pour prendre effet jusqu'en 2025 et aucune claude ne permet aux pays de le quitter. Mais Donald Trump ne l'entend pas de cette oreille et pourrait remettre en cause la présence des États-Unis dans cet accord afin de remettre en place les sanctions contre Téhéran, levées par deux fois depuis le début de sa présidence.

 La dernière fois, en octobre 2017, il a annoncé sa volonté de ne plus certifier l'accord, sous prétexte qu'il n'est pas dans l'intérêt des Américains. Au passage, il a taxé Téhéran de principal "soutien au terrorisme" et réclamé des sanctions plus dures à son égard. En janvier, il a assorti son annonce d'un ultimatum: si d'ici 120 jours, le texte n'est pas amendé pour remédier à ses "terribles lacunes", il retirera alors les États-Unis de l'accord. Et cette échéance tombe le 12 mai.

Si les États-Unis se retirent de l'accord, le risque est de voir l'Iran ne plus remplir sa part du contrat.


Hésitation?

Mais Trump ira-t-il au bout de ses menaces? Des sources à la Maison-Blanche ont, en effet, affirmé à l'agence de presse Reuters que Trump n'est pas certain de mettre fin à l'accord. Toujours selon ces sources, le président américain pourrait rester dans l'accord pour ne pas entraver les liens avec ses alliés.

L'accord avec l'Iran a d'ailleurs été le sujet central de la discussion entre Donald Trump et Emmanuel Macron, lors de la visite du président français à Washington fin avril. L'objectif de Macron était de parvenir à convaincre son homologue de l'importance de rester dans l'accord. Malgré la bromance naissante entre les deux chefs d'État, Macron est très préoccupé par le fait que Trump puisse ne pas changer d'avis.

Il prend d'ailleurs pour exemple un autre accord international que Trump n'aimait pas: l'Accord de Paris sur le climat. Pour rappel, Trump y a retiré les États-Unis le 1er juin 2017.

Poutine et la Chine sont pour le maintien de l'accord

À l'instar de Macron, la chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, tenté de persuader Trump de rester dans l'accord, lors de sa visite expresse à la Maison-Blanche fin avril. Mais s'il joint les actes à la parole, Trump positionnera finalement encore un peu plus les États-Unis face au reste du monde. Car même le président russe Vladimir Poutine veut maintenir cet accord. Et la Chine, qui était en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU impliquée aussi dans les négociations avec l'Iran, le veut également.

Les Chinois affirment que l'IAEA est le seul organisme international capable de vérifier le respect de l'accord et de le juger. Or, jusqu'ici, l'IAEA a toujours conclu que l'Iran respecte les termes du contrat.

Enfin, il faut noter une dernière chose: Trump dispose de plusieurs options. Il peut soit décider de rétablir les sanctions américaines envers l'Iran, soit prolonger leur levée pour une nouvelle période maximale de 120 jours, soit encore utiliser un décret présidentiel pour introduire lui-même de nouvelles sanctions. En attendant, les pays concernés sont dans l'expectative.

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