Cover image

© Pixabay/Philipp Kleindienst

Economie

Miami: la hausse du niveau de la mer a un impact majeur sur le marché de l'immobilier

Dans la métropole américaine de Miami, les biens le long de la côte sont souvent offerts à un prix moins elevé que les propriétés situées sur les hauteurs. C'est une étude menée par des scientifiques de l'Université d'Harvard qui le prouve. Selon les chercheurs, ce phénomène montre très clairement que le changement climatique a un impact direct sur l'économie. 

"Dans le comté de Miami-Dade, les prix des maisons familiales situées au niveau de la mer augmentent moins rapidement que pour celles situées en hauteur", explique Jesse Keenan, professeur en immobilier à l'Université d'Harvard. "Les propriétaires potentiels semblent prendre en compte le risque d'une plus grande fréquence d'inondations à court terme." 

"Nous craignons que dans le long terme, la revente de tels bien ne devienne impossible, car la région pourrait être finalement complètement inondée par la mer. Il est étonnant que les propriétaires ordinaires prennent déjà en compte le futur niveau de la mer."

Zone d'essai 

Miami pourrait devenir une importante zone d'essai pour voir l'impact du changement climatique sur l'immobilier qui pourrait être visible dans d'autres villes côtières. Car Miami ne dépasse pas le niveau de la mer. De plus, le sous-sol de la ville se compose essentiellement de couches d'argile poreuse particulièrement sensibles à la hausse du niveau de la mer.

Des recherches menées par des scientifiques de l'Université du Colorado et de l'Université d'État de Pennsylvanie montrent que des tendances similaires pourraient être observées ailleurs aux États-Unis. Le chercheur Ryan Lewis, professeur d'économie à l'Université du Colorado, a calculé que le prix de vente d'habitation au niveau de la mer est aujourd'hui 7% inférieur au marché. 

"La plus forte sensibilité aux prix pour les inondations potentielles est surtout présente chez les investisseurs et les propriétaires de résidences secondaires, car ce sont eux qui ont le plus de choix quant au lieu de leur achat", explique Lewis. "Mais à Miami, où les risques sont connus, les acheteurs de maisons principales montrent aussi une sensibilité pour les risques d'inondation." 

"En fin de compte, cela peut avoir un impact majeur sur le marché immobilier." La baisse des prix pourrait être un signe pour les développeurs et les investisseurs qu'il ne faut pas miser trop d'argent sur une zone qui pourrait être inondée dans vingt ans." 

Biens de luxe 

Dans le comté de Miami-Dade, les inondations peuvent être causées par de fortes pluies ou des marées. Il y a plus ou moins cinq ans, une étude a montré que sur une période de six ans, on a enregistré une augmentation de 33% des précipitations. Mais si l'on prend le problème d'inondation du côté des marées, là, c'est une augmentation de 400%. 

Et pourtant, malgré ces chiffres, tout le monde de croit pas au danger des inondations et à l'impact que cela pourrait avoir. La preuve: de nombreuses villas de luxe sont encore construites aujourd'hui le long de la côté de Miami pour des coûts qui peuvent atteindre plusieurs millions de dollars.

Le professeur Keenan admet que les villas de luxe ne connaissent pas encore cette tendance négative des prix. "Cependant, le groupe le plus riche de la population peut se permettre un investissement plus important car il est généralement assuré et pourra récupérer tout dommage", note le chercheur. 

"Par ailleurs, ce groupe est également moins sensible à une éventuelle perte de valeur de son bien immobilier. Les riches peuvent se permettre plus facilement une perte de capital. Mais cette résilience connait aussi son point de rupture. À un certain moment, les riches seront aussi obligés de quitter la région."

Sur le même sujet: