US President Donald J. Trump (L), with Microsoft CEO Satya Nadella (C) and Amazon CEO Jeff Bezos (R), delivers remarks during American Technology Council roundtable in the State Dining Room of the White House grounds in Washington, DC, USA, 19 June 2017.

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Les commerces électroniques américains ont du souci à se faire: Trump veut la peau d'Amazon

Si le Congrès des États-Unis a pris Facebook pour cible, c’est Amazon qui est dans le collimateur du président des États-Unis, Donald Trump. Cinq sources qui auraient discuté avec le président ont expliqué à Axios que celui-ci était "obsédé par Amazon".

Le président américain aurait évoqué l’idée d’imposer de nouvelles règles fiscales pour le commerce électronique, afin qu’elles heurtent Amazon. Une source qui aurait discuté avec lui a même affirmé qu’elle l’avait vu se demander à haute voix s’il n’y avait pas un moyen d’attaquer Amazon sur le terrain de la législation de la concurrence ou des lois antitrust.

"Un traitement de faveur"

Le président répéterait à l’envi à son entourage qu’Amazon a bénéficié d’un traitement de faveur de la part du fisc américain et de l’US Postal Service, la poste américaine. Ces allégations ne sont pas tout à fait exactes, compte tenu qu’Amazon a aussi permis à cette dernière de créer un service de livraison le dimanche dans certaines villes des États-Unis, précise Axios. Plusieurs personnes auraient d’ailleurs tenté de corriger cette perception du président en lui rappelant qu’au contraire, la poste américaine réalise des bénéfices importants grâce à Amazon.

Trump se méfierait également du Washington Post, un journal acquis par Jeff Bezos en 2013, le CEO d’Amazon, et dont le président américain considère qu’il est son arme politique. Dans un tweet rageur de juin dernier, il avait même affirmé que ses publications n’étaient que des « fake news ».

Axios explique que cette « obsession » proviendrait du fait que les amis riches du président qui évoluent dans le secteur de l’immobilier, lui ont expliqué qu’Amazon détruisait leurs entreprises. Ils estiment que la firme de Jeff Bezos est directement responsable des fermetures de centres commerciaux et de magasins physiques.

La débâcle du commerce américain (et mondial)

En 2017, aux États-Unis, plus de 6.000 magasins ont fermé. Pire, ce chiffre devrait être largement dépassé cette année, selon Fox Business, qui a établi une liste effroyable des commerces qui devraient fermer cette année. 

Et le responsable de cette débâcle, c’est bien sûr l'e-commerce. Désormais, aux États-Unis, 2/3 de tous les livres, films et supports musicaux sont achetés en ligne, tout comme 2/5 des fournitures de bureau et des jouets. Un quart des vêtements est également acheté en ligne. Amazon est maintenant le sixième plus gros détaillant du monde, et a réalisé un chiffre d’affaires de près de 178 milliards $ (environ 144 milliards d'euros) en 2017. En 2001, la société figurait encore à la 157e place.

Amazon devient incontournable

La société compterait 100 millions de familles américaines comme clientes, et on estime que plus de la moitié des foyers américains (exactement 51 %) auront souscrit son service Prime à la fin de cette année, ce qui en fera leur fournisseur incontournable pour une vaste gamme d’articles et de services. Dans 30 villes américaines, Amazon livre à ses abonnés du service Prime les commandes en 2 heures et sans frais supplémentaires.

Plus les magasins font des efforts pour concurrencer Amazon, plus ils perdent de l'argent. La logistique et l'infrastructure requises dévorent les marges bénéficiaires. Selon la banque Morgan-Stanley, pour chaque point de pourcentage qu'un commerçant gagne en part dans l'e-commerce, il doit céder un demi-point de pourcentage de sa marge bénéficiaire. Ce n'est pas que ça dérange Amazon.

De chaque dollar supplémentaire dépensé cette année en ligne, 50 cents aboutiront dans les caisses d'Amazon.

Amazon dévisse en bourse

Les entreprises du secteur du commerce électronique ont donc un nouveau sujet d’inquiétude, comme les investisseurs dans les valeurs technologiques. En effet, suite à ce rapport, le titre Amazon a perdu 7 % à la bourse de Wall Street, effaçant du même coup près de 50 milliards de dollars (environ 40 milliards d'euros) de valorisation boursière de la firme. Cette perte s’est ajoutée à celle qui a résulté du scandale « Cambridge Analytica », qui a conduit à un effondrement boursier des titres des GAFA. Au total, Facebook, Amazon, Netflix et Google aurait perdu 169 milliards de dollars (137 milliards d'euros) de valeur en l’espace d’une semaine.

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