Rohingya refugee children in a makeshift camp at the beach at the Myanmar-Bangladesh border near the town of Maungsaw, Rakhine State, western Myanmar, 12 November 2017.

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Economie

L'Unicef recrute des gamers pour miner l'Ethereum

L’Unicef, l’organe des Nations Unis qui se consacre aux enfants, veut recruter des “gamers” pour qu’ils “minent” la monnaie virtuelle Ethereum au bénéfice des enfants syriens, rapporte The Guardian. Avec cette initiative, l’Organisation souhaite augmenter la transparence de ses transactions financières, tout en réduisant ses coûts de fonctionnement.

Selon ce programme, appelé “Unicef’s Game Chaingers”, les gamers utiliseront leurs ordinateurs pour miner l’Ethereum, une monnaie virtuelle qui présente la particularité de pouvoir être exploitée en informatique distribuée, particulièrement intéressante pour l’Unicef.

En effet, elle est davantage une plate-forme informatique qu’une réserve de valeur, et permet la conclusion de “smart contracts”, ou “contrats intelligents”. Ceux-ci sont des contrats automatisés très peu coûteux, créés dès que les conditions requises par les contractants sont remplies.

3 avantages

L’Unicef voit 3 avantages à l’utilisation d’Ethereum : une meilleure transparence dans les procédures internes, une nouvelle méthode sûre pour les dons d’argent, et un moyen de résoudre les difficultés inhérentes aux règlements des contractants de l’organisation, tout en éliminant le recours à des intermédiaires.

Pour le moment, le programme n’en est qu’à ses prémices, et les gamers n’ont miné qu’un peu plus de 900 euros, mais l’expérience illustre l’intérêt de l’agence pour cette technologie.

“Les organisations humanitaires ne cherchent pas à détenir de la monnaie virtuelle, mais elles s’intéressent à la technologie sous-jacente pour résoudre les problèmes”, explique Rhodri Davies, head of policy à la Charities Aid Foundation.

Éviter les pertes liées à la corruption

Celle-ci devrait en effet lui permettre de réduire les pertes liées à la corruption, qui se montent à environ 30 % des budgets d’aide humanitaire de l’ONU. De plus, il sera possible de réaliser des portefeuilles en ligne basés sur l’identité pour les réfugiés. Ces fichiers pourront inclure toutes sortes de renseignements, tels que les droits aux aides, les diplômes, ou le dossier médical, notamment.

Ce n’est pas la première fois qu’une organisation humanitaire s’intéresse à l’Ethereum, puisque le World Food Program y a fait appel pour remettre des bons alimentaires pour une valeur de 1,4 million de dollars aux 10 000 réfugiés d’un camp en Jordanie. Grâce à ce système, qui fonctionne avec un programme de reconnaissance d’iris installé dans les supermarchés du camp, il a été possible d’économiser 3,5 % de frais financiers.

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