A trader looks up at the charts panels in Wall Street

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Economie

Les robots ont provoqué le chaos sur les marchés financiers

Mardi, un arsenal d'algorithmes très sophistiqués ont mis les marchés financiers américains sur des montagnes russes. Au cours de la même journée, on a enregistré une différence de cours de 1000 points. L'indice a regrimpé aussi rapidement qu’il avait chuté.

Ce phénomène est principalement imputable à une armée sans cesse croissante d'ordinateurs. Ce sont des machines de haute technologie qui remplacent lentement mais sûrement la plupart des courtiers en valeurs mobilières et les traders. 

1000 transactions par seconde

« Aucun trader ne peut rivaliser avec un ordinateur qui peut gérer 1000 transactions par seconde. En conséquence, ceux-ci prennent peur quand ça va mal et leur cupidité s’emballe aussi de façon exponentielle quand ça va bien», explique Michael Yoshikami, CEO de la société d'investissement Destination Wealth Management, dans le Washington Post.

Il y a à peine 18 ans, la  banque d'investissement américaine Goldman Sachs employait 600 courtiers en actions. Ils achetaient et revendaient des actions au nom de leurs clients. Sur ces 600 courtiers, il n’en reste plus que 2 aujourd'hui, en raison de la robotisation.

De même que les usines sont prises en charge par des robots, le courtage d'actions à Wall Street s’est lui aussi automatisé en grande partie. Tous les emplois n’ont cependant pas disparu, car les deux courtiers restants sont maintenant assistés par une armée de 200 ingénieurs en informatique.

Goldman Sachs a mené pendant un certain temps des expériences de robotisation du trading de devises. Ces tests ont montré qu’il était facile de remplacer 4 traders par un spécialiste en informatique. Cela explique aussi pourquoi un tiers des 27.000 travailleurs que la banque emploie sont des spécialistes en informatique.

La fin des banquiers d'investissement

Selon Marty Chavez, le directeur financier de Goldman Sachs, les banquiers d'investissement sont appelés à connaître le même sort. Comme le travail est basé sur la confiance et nécessite donc des compétences humaines, il ne disparaîtra probablement jamais complètement. Toutefois, d’après Chavez, des algorithmes se substitueront à la grande majorité des emplois.

Goldman Sachs a déjà cartographié l'ensemble du processus d'introduction en bourse. Il se compose d'exactement 146 étapes spécifiques, dont beaucoup peuvent être facilement automatisées.

Selon Coalition, une société britannique qui surveille le secteur financier, presque 45% des transactions de trading dans le monde sont automatisées.

On associe souvent les robots au travail facilement remplaçable (comme les postes dans une usine de voitures, par exemple) ; mais l'exemple de Goldman Sachs montre que les emplois nécessitant un haut niveau de connaissances, comme les traders, qui passent la plus grande partie de leur journée devant un écran, puis prennent des décisions, n’échapperont pas non plus à la robotisation.

Ce sont les algorithmes...

Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin a également indiqué mardi que les algorithmes “avaient évidemment eu un impact” sur la baisse de 1175 points qui s’était produite la veille. [Mnuchin sait de quoi il parle. Il a fait sa fortune à Wall Street.]. Ces mêmes algorithmes ont de nouveau fait la pluie et le beau temps mardi, faisant grimper le Dow de 567 points. 

Les spécialistes des logiciels pensent que l'effet des algorithmes peut être difficilement exprimé en chiffres précis. Pour ce faire, il faudrait auditer les données. Mais les courtiers gardent ces données secrètes.

Que nous réserve l'avenir?

Les ordinateurs réagissent plus rapidement à ce qui se passe que les humains. Nous parlons de quelques fractions de seconde, par rapport à quelques minutes. Les ordinateurs peuvent aussi réagir en masse, sur différentes expositions simultanément, et intervenir sur des volumes beaucoup plus élevés que tout être humain. Et c’est bien cela qui les rend si… dangereux.

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