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Politique

Un haut-gradé britannique : "Aujourd'hui, l'OTAN n'est pas de taille contre la Russie, qui a acquis l'expérience de la 'guerre brutale' en Syrie"

L'Occident a le plus souvent négligé sa défense après la chute du mur de Berlin. En particulier, la menace de la Russie est fortement sous-estimée. C’est ce qu’a affirmé le général chef d’état-major de l’Armée de terre britannique Sir Nick Carter lors d’un discours donné au Royal United Service Institute.


« Alors que nos forces armées économisent toujours davantage et réduisent le matériel militaire, Vladimir Poutine a construit un formidable arsenal d'armes conventionnelles et de haute technologie » a affirmé le haut gradé.

Ainsi, Moscou a multiplié par 12 le nombre de lanceurs de missiles en mer et sur terre. Le nombre de missiles à longue portée - qui peuvent atteindre des cibles situées à 3500 km de distance - a même été multiplié par 30. En conséquence, les Russes peuvent couvrir une grande partie de l’espace aérien et faire ce qu'ils veulent.

Carter ne dit pas qu'une attaque russe est imminente, mais il critique surtout le manque de préparation si cela devait se produire.
« Les Russes ne respectent que la force brute et aujourd'hui ni le Royaume-Uni, ni l'OTAN ne peuvent démontrer que nous sommes un adversaire coriace. »

La Russie domine la zone grise entre la guerre et la paix


Carter a finalement évoqué les nombreuses campagnes de désinformation que les Russes ont orchestrées aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et même lors du récent référendum en Catalogne. « Les Russes, ainsi que les Chinois et les Coréens du Nord, sont devenus les maîtres de la zone grise entre la guerre et la paix. »

« Ces efforts ont convaincu le Russe moyen que l'Occident est une menace. Nous sommes présentés comme l'ennemi, que cela nous plaise ou non. Poutine - comme tout bagarreur des rues - avait besoin d'un ennemi pour justifier le respect qu'il prétend justifier ».

L'armée de Poutine, en particulier sa force aérienne, s’est endurcie au cours des derniers mois grâce à l'expérience de la guerre acquise en Syrie. En Ukraine cela n’avait pas été possible. Selon Carter, la Russie utilisé la guerre en Syrie comme un cas d’école pour tester l'état de préparation de ses troupes et de missiles à longue portée dans une « guerre brutale ».

« Une gamme effrayante de plus de 150 nouvelles armes meurtrières a été déployée là-bas. De même, un grand nombre d’officiers russes ont acquis de l’expérience en Syrie ».

Le Kremlin a aussi testé en Syrie un grand nombre de drones capables de détecter des cibles précises avant de tirer des missiles à un rythme extrêmement rapide.