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Les robots débarquent et ce n'est pas un problème pour la Suède

La crainte de conséquences négatives de la robotisation sur le marché du travail n'a étonnamment pas sa place en Scandinavie et principalement en Suède. La région possède en effet un système économique et social dans lequel l'automatisation apparaît plus comme un avantage que comme une menace, peut-on lire dans le New York Times.


Selon une enquête de la Commission européenne, 80% des Suédois ont une opinion favorable à l'égard des robots et de l'intelligence artificielle. Un rapport du Pew Research Center indique que, par contre, 72% des Américains se disent inquiets d'un avenir où les robots et les ordinateurs se substitueraient à l'homme.

« Le célèbre système de bien-être social de la Suède fait de ce pays un endroit peu enclin à s'inquiéter de l'automatisation et de bien d'autres choses d'ailleurs », explique le New York Times. Les machines y sont vues comme des instruments qui peuvent réaliser le travail..

En outre, en Suède, on observe une confiance importante de la population dans le modèle économique du pays. Ce dernier doit protéger la population des conséquences  du chômage.

Selon Carl Melin, directeur des politiques auprès de l'institut suédois de recherches Futurion, ce modèle est plus qu'une sécurité contre le chômage. Selon lui, ce système stimule l'innovation. L'individu se lancera plus facilement dans de nouveaux projets, s'il sait qu'il dispose d'un filet de sécurité en cas d'échec.

Immigrants


« Aux Etats-Unis, où le travailleur dépend souvent de l'employeur pour la sécurité sociale, la perte d'emploi peut être le début d'une descente aux enfers », explique le New York Times. «  Par conséquent, le travailleur est moins enclin à quitter son emploi pour se construire une carrière potentiellement plus lucrative. »

« Les syndicats américains ont donc davantage tendance à protéger l'emploi. En Suède, on peut faire appel au soutien de l'Etat. Les syndicats suédois voient l'automatisation comme un avantage dont bénéficiera le marché du travail.»

En Suède et dans le reste de la Scandinavie, les gouvernements offrent la gratuité des soins de santé et de l'éducation. Ils paient des prestations de chômage généreuses et les employeurs financent de vastes programmes de formation professionnelle. Les syndicats considèrent généralement l'automatisation comme un avantage concurrentiel qui rendra les emplois plus sûrs.

Tout comme la Finlande et le Danemark, la Suède investit plus de 27% de sa production économique annuelle dans des projets qui soutiennent les chômeurs et d'autres groupes vulnérables. Les Etats-Unis consacrent moins de 20% de leur économie dans de tels programmes.

Peu de pays au monde consacrent autant d'argent aux allocations de chômage, aux soins de santé et aux retraites que la Suède. Par contre, les Etats-Unis sont dans ce domaine en-dessous de la moyenne. Etant donné la générosité suédoise, les travailleurs sont particulièrement ouverts aux nouvelles technologies.

Cependant, le système suédois ne peut se maintenir que parce que la population accepte de supporter une charge fiscale de près de 60 %. Marten Blix, économiste auprès du Research Institute of Industrial Economics de Stockolm, met cependant en garde :

« Comme la Suède absorbe un grand nombre d'immigrants issus de pays déchirés par des conflits, ce soutien pourrait diminuer. Beaucoup manquent d'éducation et sont difficiles à employer. Si un nombre important de ces personnes profitent des largesses du gouvernement, une réaction pourrait avoir lieu. »